mardi, 13 novembre 2018 17:05

Au Mali, la France se sent moins seule grâce au coup de pouce européen Featured

Written by La Redaction
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"Thank you, merci pour votre contribution!" 

Sur le tarmac poussiéreux de la base de Gao, dans le nord du Mali, la ministre française des Armées Florence Parly salue chaleureusement des militaires britanniques: depuis cet été, leurs trois hélicoptères apportent une aide précieuse à l’opération antijihadiste Barkhane.

"Ceux qui disent que la France est seule au Mali se trompent", se félicite-t-elle devant l’un des trois gros porteurs Chinook de la Royal Air Force, qui assurent depuis plus de trois mois des missions de transport logistique au profit des troupes françaises.

"On se sert des Chinook pour faire le premier bond de 200 km" vers les différentes bases avancées françaises au Mali, explique le colonel Bertrand (le nom de famille des militaires reste anonyme pour des raisons de sécurité), chef de corps du bataillon d’hélicoptères de Barkhane.

Objectif: gagner du temps et réduire l’exposition des convois aux mines artisanales (IED).

"On est très productifs: depuis le début de notre déploiement, on vole chaque mois une centaine d’heures", explique le lieutenant-colonel britannique Matt devant l’un des appareils à deux rotors, pouvant transporter près de 
quatre tonnes de fret et plus de 30 militaires. Des capacités dont la France ne dispose pas en propre.

- Travailler dans le désert -

"Après avoir longtemps planché sur la coopération franco-britannique derrière un bureau, je suis heureux de pouvoir le vivre sur le terrain", s’enthousiasme dans un français parfait cet officier passé par l’Ecole de 
Guerre à Paris. Avant le Sahel, il a longtemps volé au-dessus d’un autre désert, dans le sud afghan.

Non loin des quartiers de la centaine de militaires britanniques, repérables aux drapeaux de l’"Union Jack" dessinés sur les murs en béton, une section estonienne d’infanterie légère se prépare. Eux aussi ont été dépêchés par leur pays pour prêter main forte à la force française.

"Pour nous, c’est une mission très importante. C’est la première fois que les Français et nous travaillons ensemble dans le désert", explique le lieutenant estonien Janek. Lui et ses hommes assurent des missions de patrouille et de protection des installations de Barkhane à Gao, ville visée lundi soir par un attentat suicide revendiqué par la principale alliance 
jihadiste au Mali et ayant fait trois morts et une trentaine de blessés.

"Ils ne sont que 50 mais ils nous ont tout de suite donné une vraie marge de manoeuvre", se félicite le général Frédéric Blachon, commandant de l’opération Barkhane, qui mobilise 4.500 Français au Sahel.

Ce renfort d’un an au Sahel était loin d’être évident pour ce petit Etat balte, focalisé sur le menaçant voisin russe. Mais l’Estonie a quand même choisi de renvoyer l’ascenseur à la France, qui avait déployé l’an dernier quelque 300 soldats sur son sol pendant plusieurs mois, dans le cadre de la mission de présence renforcée de l’Otan.

- L’Europe du "concret" -

Un coup de main bienvenu pour Barkhane, qui s’ajoute à la collaboration depuis des années des Espagnols, des Américains et des Allemands dans le transport logistique entre ses grandes bases.

"L’Europe de la défense, c’est l’Europe du réel, pas des slogans. Votre engagement, ici, aux côtés des forces françaises, je défie quiconque de dire que ce n’est pas concret", a lancé la ministre aux troupes britanniques et estoniennes réunies sous une grande tente.

La France, dont le président Emmanuel Macron est un ardent partisan de l’Europe de la défense, espère que ses partenaires européens continueront à lui prêter main forte dans ses opérations antijihadistes au Sahel, engagées depuis 2013.

"Dans le cadre de l’Initiative européenne d’intervention (IEI), qui regroupe depuis début novembre dix Etats européens (dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Estonie ou encore l’Espagne), "un groupe de travail s’est constitué sur le Sahel. Cela pourrait avoir des développements", affirme Mme Parly, qui était accompagnée à Gao par son homologue allemande de la Défense, Ursula von der Leyen. (AFP)

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