lundi, 08 juin 2009 09:11

La mort de Bongo est officielle.

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Omar Bongo  le denier grand dinosaure de la Françafrique est mort

Le président gabonais Omar Bongo est mort aujourd’hui, à l’âge de 73 ans, annoncent les autorités gabonaises, après près de 24 heures de communiqués contradictoires.
La guerre des communiqués aura fait rage toute la journée. Mais quelques heures après que le Premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong eut déclaré qu’Omar Bongo "allait bien", le communiqué officiel tombait, sous la forme d’une lettre transmise par le même Premier ministre aux journalistes présents à Barcelone, où Bongo était hospitalisé depuis un mois.


 Source: Radio France Info

Gabon : Omar Bongo  le denier grand dinosaure de la Françafrique est mort

On le savait vieux,  fatigué, malade. Sa retraite du pouvoir suivie de son hospitalisation le mois dernier en Espagne était des preuves suffisantes de l’usure du pouvoir d’un homme de 73 ans dont 41 passé à la tête du Gabon. Propulsé en 1967 à la tête du petit émirat pétrolier du Golfe de Guinée, ce petit homme aux lunettes noires aura connu et fréquenté pas moins de six présidents de la République française. Un record.

 

     La nouvelle est annoncée ce dimanche 7 juin 2009 par le journal français « Le Point » sur son site internet .Selon la même source indique que le président français Nicolas Sarkozy a été informe du décès de celui qui était jusque-là doyen des chefs d’Etat africains et pilier du fameux  Françafrique. Son rôle était indispensable dans ce marigot trouble qui a connu des crocodiles comme Félix Houphet Boigny, Gnassingbé Eyadema.


Installé par Jacques Foccart, secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974 il s'est lié d'amitié avec de nombreux dirigeants français, de tous bords, et a été reçu à l'Elysée par Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac[a.
Nicolas Sarkozy l'a rencontré à l'occasion de la campagne présidentielle, selon Omar Bongo afin de recueillir les bons conseils d'un homme d'expérience. Omar Bongo a aussi rencontré François Bayrou ainsi que Jean-Marie Le Pen.
A l’instar de tout bon dictateur africain, sa famille n’était pas loin des arcanes du pouvoir et des fonds publics. Son fils, Ali Bongo Ondimba, est ministre de la Défense du Gabon depuis 1999. Sa fille, Pascaline, diplômée de l'École nationale d'administration française, est sa directrice de cabinet et épouse de Paul Toungui, ministre d’État chargé des Affaires étrangères. Le 30 mars 2009, enquête été ouverte sur des comptes qui appartiendraient à Édith Bongo, épouse d'Omar Bongo et fille de Denis Sassou Nguesso, décédée le 14 mars 2009, soupçonnée d'avoir servi de prête-nom à Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso auprès de plusieurs établissements bancaires, afin de dissimuler des capitaux provenant de détournements de fonds publics à Monaco, enquête qui fait suite au courrier de l'association Sherpa au prince Albert II et au procureur de Monaco demandant l'ouverture d'une information judiciaire et le gel des avoirs financiers à Monaco d'Édith Bongo.
Le 5 mai 2009, la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, juge recevable la plainte déposée par Transparency International France et l'Association Sherpa visant Omar Bongo et deux autres chefs d'États africains Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné. Cette décision est prise contre l'avis du parquet qui dispose de cinq jours pour faire appel.

À peine élu, le 7 mai 2007, Nicolas Sarkozy l'a appelé pour le remercier de "ses bons conseils", puis l'a recu à l'Elysée et a ordonné à tout son gouvernement de passer saluer le doyen des "amis de la France". Deux mois plus tard, l'amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo se confirme, puisque c'est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007. Il n'arrive pas les mains vides, puisqu'il a obtenu, la semaine précédente, un accord jamais vu [ du Club de Paris qui allège d'au moins 15% la dette gabonaise.
Le Gabon est militairement lié à la France par des accords de défense aux clauses secrètes ; cette dernière y stationne par ailleurs en permanence plusieurs centaines de soldats d'élite. Pour Omar Bongo « L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant ». Avec sa disparition, cette une page postcoloniale de l’Afrique qui tourne. Reste maintenant que Sarkozy confirme sa promesse de  «rupture» avec des pratiques d’un autre temps et de ténébreux réseaux franco-africains.

               Bill Davolk, Chicago

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