mercredi, 15 avril 2015 19:00

Chronique de Kodjo Epou Echec de l’Occident à l’épreuve du Togo? Featured

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En matière d’élection, le Togo avait besoin, cette année 2015, d’une forte implication de la Communauté Internationale. Mais les grandes démocraties sont restées muettes, inactives, laissant les Togolais seuls, sans moyens de défense, face à un parti-état brutal qui a fait feu de tout bois pour imposer son champion, Faure Gnassingbé, malgré ses dix ans de pouvoir, synonyme de chaos et de cauchemars. Pour avoir beaucoup vu un genre méprisable de démocratie marchant au rythme de fanfare militaire, les Togolais ont dix mille raisons de croire que l’hémorragie va continuer à liquéfier, après le 25 Avril, une nation qui ne croit plus aux vertus des urnes.

 Celui qui paie choisit la musique . S’il est un régime en Afrique que les bailleurs de fonds occidentaux peuvent légitimement tancer et rappeler à l’ordre à cause de son refus obstiné de créer les conditions d’élections crédibles, donc d’un climat apaisé propice au développement, c’est bien celui du Togo. Ce pays vit en effet de l’assistanat, de l’aide étrangère, pendant qu’une partie substancielle des ressources propres du pays, elles, prennent des destinations inconnues, pillées à la pelle. L’imposture est tellement évidente au Togo, même retentissante, qu’on se demande si les bailleurs de fonds ne sont pas de gros naïfs qui s’investissent dans un rocher de Sisyphe. Ou alors le désordre leur profite! Jusqu'à quand, si tel n’est pas le cas, vont-ils continuer cette lamentable corvée qui consiste à remplir d’eau la jarre trouée du RPT/UNIR, quand eux-memes et le reste du monde savent que dans son état actuel, le Togo est comme « le tonneau des Danaïdes ». Un tonneau au fond percé que l’on remplit sans fin alors que son contenu est vidé au fur et à mesure par des dirigeants frivoles, dépensiers et peu soucieux du poids de leurs actes sur les épaules des générations futures.

La réalité, c’est que ces amis ( ?) du Togo, la France et l’UE en tête, ont beau financer des projets visant à soulager les populations, celles-ci continueront de croupir sous la pauvreté accablante aussi longtemps qu’un changement radical dans la gouvernance du pays n’aura pas lieu, aussi longtemps que l’alternance politique si chère aux Togolais ne prendra pas place, enfin, aussi longtemps qu’il n’y aura pas des élections qui accouchent d’un régime légal, légitime et populaire, seul moyen de doper l’enthousiame des citoyens et de donner une nouvelle impulsion à la vie nationale. On nourrit çà et là, dans les chancelleries, des visées obscures inavouables, sans guère se soucier du mieux-être, voire de la prospérité qu’est en droit d’espérer le peuple togolais. Ce peuple, depuis un quart de siècle maintenant, est obligé de traiter en position de faiblesse avec ses dirigeants, soumis d’année en année, à une horde de faits accomplis qui le déshumanisent. Il appelle au secours et, loin de baisser les bras, réclame un assainissement de la vie publique par un processus électoral juste. Doit-on rappeler la véritable foire d’empoigne qui avait débouché, en 2005, sur un carnage resté jusqu’aujourd’hui impunie, malgré les multiples rapports attestant que la tragédie avait bien pris place. Alors qu’il y a tout lieu de craindre une réédition, peut-être plus féroce et scandaleuse, pourquoi traîne-t-on ainsi des pieds ? Pourquoi n’a-t-on pas cru devoir, pour prévenir le bain de sang qui mouille chaque période électorale, moduler pour une fois le langage diplomatique? Et pourtant l’Eglise Cla non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005). atholique togolaise a averti de l’inopportunité de l’élection présidentielle de ce mois d’avril pour “la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG qui avait apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005.”la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005). la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005). la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005). la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005). la non-opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées depuis août 2006 par l’APG (Accord politique global qui a apaisé un Togo qui venait d’être meurtri par la violente présidentielle de 2005).
 

Ces témoins occidentaux de la tragédie togolaise n’ignorent quand même pas que la mobilisation populaire contre Faure et son parti est bien réelle. Ils savent également que l’expression de ce ras-le-bol laisse présager que toute tentative de Faure Gnassingbé d’opérer cette année 2015 un passage en force à travers un scrutin truqué, peut faire basculer le Togo dans un chaos avec l’irruption inévitable de candidats fanatisés à qui personne ne pourra alors dénier le droit de vouloir en découdre avec un régime tortionnaire, assassin et prédateur. Au lieu de s’attaquer au mal, grâce à une diplomatie pressante capable de diminuer la fièvre qui monte, l’OIF, pour ne citer parmi tant d’autres que cet exemple tout à fait incongru, s’est fondé uniquement sur la version corrigée du fichier électoral pour annoncer joyeusement, lors de son récent séjour à Lomé, que “le fichier n’est pas fiable mais il est consensual”, c’est-à-dire qu’on peut faire avec.

Pourquoi la France et l’OIF, si ces deux partenaires voulaient vraiment aider le Togo à enfin sortir la tête de l’eau, n’avaient-elles pas jugé utile d’amener le pouvoir à accepter l’idée d’une transition ? A-t-on déjà vu au monde un pays passer d’un régime de dictature militaire à un système démocratique sans une période de transition ? NON ! Le président du fameux Réseau des compétences électorales francophones, Siaka Sangaré, connaît cette vérité dont l’universalité n’a jamais été  faussée nulle part. Mais ce Malien n’a pas hésité un seul instant à « mentir à bout portant » aux Togolais, leur faisant croire qu’avec le fichier mis à jour par sa mission, « toutes les conditions sont réunies pour une élection démocratique ». Cette déclaration est une distraction autant ou presque déboussolant que celle, ô combien diffuse et moqueuse dont on nous a habitués en afrique: “il y a eu des fraudes mais elles ne sont pas de nature à influencer de façon significative les resultants”. Les mêmes occidentaux n’avaient-ils pas réagi par l’usage de grands moyens en Côte d’Ivoire? Dans le cas du Togo, on n’est en plein, depuis 1990, au beau milieu d’une confusion délibérément entretenue, qui s’apparente en fin de compte à un complot international contre les intérêts d’un peuple martyrisé depuis 1963.

Ces togolais croient que plus vite ce régime-tyran s’en ira, plus vite les esprits seront désarmés et la marche du pays vers l’ineffable enrayée. Autrement dit, toute action visant à empêcher Faure Gnassingbé de voler une fois encore cette présidentielle dont la tenue est d’ailleurs largement contestée dans le public se présente comme une tache immédiate que les Togolais, avec l’aide de la Communauté Internationale, doivent impérativement accomplir. L’occident a le devoir d’intervenir pour rétablir les faits en cas de fraudes massives reconnues, s’il veut neutraliser tous les courants extrémistes créés par la lassitude due aux échecs répétés des élections au Togo. « Là où l’injustice devient loi, la résistance est un devoir »: C’est ce que stipule, en d’autres termes, l’article 150 de la constitution togolaise. C’est ce que le peuple souverain demande aux bailleurs de fonds internationaux de mieux comprendre afin de l’aider à prévenir le pire, à venir à bout des ténèbres.

Il est question, non pas que l’Occident se substitue aux Togolais dans l’écriture de leur propre histoire mais de les accompagner dans la réalisation de leurs aspirations profondes, de leurs desseins du futur. Ceux qui ont suivi avec un intérêt particulier l’intense activité des diplomaties occidentals pendant ces cinq dernières années en Afrique, ne comprendraient pas l’argument qui tenterait de faire croire qu’il n’existe pas, dans la pratique diplomatique, des moyens coercitifs, des termes dissuasifs capables de faire comprendre à Faure Gnassingbé et à ses thuriféraires que seuls ceux qui payent le bal, c'est-à-dire le peuple souverain du Togo, doivent mener la dance, et non le RPT/UNIR ? Mais au cas où vraiment ces moyens et ces termes n’existent pas, il va falloir, à notre sens, les inventer à Lomé. Maintenant. Parce que demain, il sera trop tard !

Kodjo Epou
Washington DC
USA

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