mercredi, 02 décembre 2015 18:00

Couverture de l’attentat de Bamako ou l’expression du syndrome du double traitement de l’information Featured

Written by
Rate this item
(0 votes)
Editorial de Fenêtre sur l’Afrique du 30 novembre 2015 sur radio Kanal K en Suisse Couverture de l’attentat de Bamako ou l’expression du syndrome du double traitement de l’information : Nous sommes Bamako ! Nous sommes Charlie ! Nous sommes Garissa ! Nous sommes Paris !
Nous avons été et sommes toujours tout cela. L’attaque de l’hôtel Radisson du 20 novembre 2015 à Bamako est une horreur tant indescriptible qu’inintelligible. Les attentats de Paris du 13 novembre dernier le sont autant. Le village planétaire est arrivé aujourd’hui à un point où la question philosophique profonde de la sacralité de la vie humaine semble reposée. L’humanité en nous, « êtres animaux évolués », semble se dédire. Un homme, une femme qui se fait exploser en plein Paris, dans le village de Leymarie au nord du Cameroun ; la dimension humaine en nous est assurément interpelée. Comment peut-on en arriver à ces ignominies monstrueuses alors que, plus que jamais, les Peuples de tous les coins du monde aspirent à la liberté, à vivre dans des Etats démocratiques, donc laïcs aussi? Sous le prétexte fallacieux d’agir « au nom d’Allah », des assassins notoires, des individus dénués de ton bon sens, de toute humanité, donc de tout libre arbitre, s’en prennent à de pauvres innocents pour étancher leur soif nauséeux du sang. Chers auditeurs de FSA, vous ne nous verrez jamais trouver ne serait-ce qu’une once de justification ou d’explication à ces actes de barbares car, ces individus, ils ne sont autre chose que des barbares. Qu’avaient fait les plus de 200 petites filles de la ville Chibok au nord du Nigéria à Allah pour se faire kidnapper à l’école, violer, marier de force, et tuer au pire ? Les marchés africains, les bâtiments publics, les mosquées et églises, des villages anonymes, des rues et ruelles paisibles, etc. voilà les terrains de jeu ou du pseudo combat de ces barbares. Les pauvres gens qui s’y retrouvent n’auraient pour seul tort que le fait d’être souvent aux mauvais endroits aux mauvais moments. Et les libertés de conscience, de circulation, et le droit à la vie dans tout cela ? Une fois que cette barbarie est si formellement dénoncée et condamnée, faire économie de l’analyse du traitement médiatique de ces événements dramatiques serait une faute professionnelle de notre part. Tandis que des dirigeants africains, notamment Boni Yayi, avaient versé copieusement et ostensiblement des larmes sur tous les médias du monde dans les rues de Paris en janvier dernier après l’attaque de Charli Hebdo, lorsque tous les médias et ce, pendant des heures durant, ont couvert l’attentat terroriste dans un musée juif à Bruxelles et, enfin, pour ne citer que ceux-là, quand tous les projecteurs s’étaient braqués sur Paris des journées durant et en continue suite aux terribles attaques du 13 novembre 2015, il a fallu attendre l’attaque de l’hôtel Radisson à Bamako pour que les médias occidentaux daignent consacrer un peu plus de temps à un attentat terroriste en Afrique subsaharienne. Disons-le de go. N’eût été la présence en nombre important d’expatriés occidentaux surtout mais aussi de quelques asiatiques, le traitement de cet événement aurait connu le même sort que celui des précédents. Il est certes vrai que les médias africains souffrent généralement d’un manque invraisemblable de moyens, ont moins de portée mais aussi un grand besoin de professionnalisme pour gérer la couverture de ces genres d’événements de dimension mondiale. Mais alors, qu’est-ce qui rebute les médias occidentaux à accorder un peu plus d’intérêt aux attaques djihadistes en Afrique subsaharienne ? Pour une fois, nous partageons l’analyse de François Soudan, rédacteur en chef de Jeune Afrique, sur les antennes de RFI quand il a évoqué un sentiment de traitement différencié des attentats en Afrique. Si la force Sangari est au Mali et que des instructeurs spéciaux américains assistent les forces armées nigérianes, c’est bien la preuve que le sujet est planétaire. Alors de grâce, pas d’hiérarchie dans le traitement de la barbarie humaine où qu’elle ait lieu. Les pertes en vies humaines sont collectives ; l’émotion, l’action et la réaction doivent l’être aussi. La communauté humaine doit toujours se lever comme un seul être pour faire face à ces dénégations d’humanité. Les médias internationaux, surtout occidentaux devraient en faire autant. Faut-il rappeler encore ici que l’espèce humaine est la même qu’on soit à l’extrême nord chez les Esquimaux ou au sud chez les Aborigènes australiens ? Nous en appelons à plus d’intérêt et davantage de professionnalisme des médias internationaux quand l’Afrique aussi est attaquée. Enfin, il est temps que les dirigeants africains soient responsables. Leurs larmes « sincères » pour les victimes françaises doivent aussi et surtout être versées pour les victimes africaines. Même si pour certains ces pleures peuvent être l’expression d’une certaine gratitude vis-à-vis de leur faiseur de roi (la France), leur première responsabilité c’est de protéger leurs concitoyens. Que les milliards détournés soient redirigés vers la sécurité et donc le bien-être de leurs peuples. La Rédaction de FSA Radio Kanal K, Suisse
Read 505 times

Commentaire