samedi, 14 mars 2015 19:00

Burkina: Djibrill Bassolé : « Maintenant, je suis libre de m’engager en politique » Featured

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L’obstacle majeur à la candidature du Général Djibrill Bassolé à la présidentielle est levé. Le Président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida ont signé un décret lui donnant une disponibilité de l’armée pour une durée de deux ans. Mais pour l’intéressé, il y a longtemps qu’il a pris congé de l’armée.

A compter du 10 février 2015, Djibrill Bassolé est mis en disponibilité de l’armée. Le décret a été signé par les deux têtes de l’exécutif de la transition burkinabè, Michel Kafando et Yacouba Isaac Zida., répondant à une demande du premier gendarme de l’histoire de la gendarmerie burkinabè, en date du 2 février 2015.

Libre. « A partir de maintenant, je suis libre de m’engager en politique, d’exercer des fonctions politiques ou internationales », a tiré comme conséquence, l’intéressé lors d’un point de presse tenu chez lui à Ouagadougou, ce 15 mars 2015.

Mais l’homme révèle qu’il n’avait plus de lien avec la chaine de commandement de l’armée, depuis un bout de temps.

« Personnellement, je suis détaché de l’armée depuis 1999, rappelle-t-il. Depuis 16 ans, j’exerce des fonctions politiques et internationales et je n’exerce aucun commandement militaire. La demande de mise en disponibilité n’est qu’une sorte de régularisation puisque depuis la fin du détachement, je suis employé par l’Organisation de la coopération islamique en tant qu’envoyé spécial pour le Sahel ».

« Congé ». Mais la mise en disponibilité a une durée deux ans et l’intéressé doit, selon le décret, trois mois avant l’échéance, indiquer quelle suite il compte y donner. Pour Djibrill Bassolé, la chose est entendue. Pas certain qu’il revienne.

Rappelant ses longues années passées à bourlinguer en tenue civile dans des fonctions civiles, Bassolé estime que sa carrière politique a pris le dessus sur celle militaire. « Je ne suis plus apte à revenir dans les fonctions de commandement », dit l’ancien ministre des affaires étrangères, ajoutant que, « c’est clair, je suis en congé de l’armée ».

Il estime d’ailleurs qu’ayant occupé le poste le plus convoité dans la gendarmerie, à savoir celui de commandant, il est temps que les « anciens » cèdent la place aux jeunes gendarmes qui « se bousculent et qui aimeraient aussi être promus au grade de général ». « Je pense qu’il faut que je tourne la page de l’armée », dit-il.

Bientôt. Ce boulet enlevé du pied, le cap sera désormais mis sur la présidentielle de 2015 pour laquelle des jeunes l’ont appelé depuis le début de l’année 2015, à se présenter comme candidat. «C’est une question de jours, annonce Bassolé.  Je fixerai bientôt une date à laquelle j’inviterai l’ensemble de ces jeunes, la jeunesse dans toutes ses composantes, pour leur présenter ce que je considère comme mon projet de société et répondre à l’appel qu’ils m’ont lancé, comme je l’ai promis d’ailleurs ».

Militaires et politique. Mais des voix s’élèvent pour refuser l’accès des militaires aux fonctions politiques. Bassolé, évidemment, ne partage pas leur avis. Et voici son argument, basé sur le fait que les militaires sont des citoyens comme les autres : « Je ne m’inscrirai pas du tout dans ces discours à tendance exclusive. Il ne faut pas pointer du doigt des catégories de citoyens pour leur dire « vous, vous n’avez pas droit ». Il vaut mieux, dans ces conditions-là, s’en tenir aux textes et à la Constitution.

Il y a des organes qui sont habilités à dire qui est éligible et qui ne l’est pas en fonction d’un certain nombre de faits. Laissons ces organes jouer leur rôle et laissons finalement le peuple décider de savoir lequel des citoyens peut être porté à la direction du pays ».

Burkina24

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