jeudi, 14 août 2014 22:19

Afrique/Classement : les 5 présidents démocratiques les moins performants

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Présentation annuelle de l’index de bonne gouvernance pour la mesure des performances des présidents démocratiquement élus.

 

1. Goodluck Ebele Jonathan – Nigeria (30%)

Le gouvernement nigérian sous l’égide de Goodluck Jonathan affiche la plus mauvaise performance de l’index de bonne gouvernance depuis son introduction avec un score de 30%.



L'avenir de la population encore très jeune demeure incertain. Les crimes économiques prennent une direction irréversible et les institutions légales (EFCC et CIPC) créées pour y faire face  ont perdu de poids dans leur fonction et sont pratiquement inexistantes, donnant donc libre cours aux hommes politiques tels que les gouverneurs et les ministres de se ravir des fonds publics mis à leur disposition.
Le développement des infrastructures de base telles que les routes et l'électricité sont à la traine. Pour conséquences, le secteur industriel est paralysé, obligeant grand nombre d’usines à s’arrêter de fonctionner et les opérateurs du secteur de la fabrication ferment leurs magasins.



L’état d’insécurité dans le pays est permanent. Des explosions (de bombe) sont régulières et des enlèvements de la part de la secte islamique, Boko Haram sont à l’ordre du jour – le plus inattendu étant l'enlèvement de plus de 200 écolières il y a quelques mois à Chibock, situé dans l’Etat de Borno au Nord du pays. Une question qui affaiblit beaucoup M. Goodluck Jonathan, incapable d’être à la hauteur des attentes de son peuple.



2. Uruhu Kenyatta – Kenya (35%)



Le cas kenyan de la démocratie est très pathétique du fait que ses dirigeants politiques aient mis en recul le développement du pays dans la poursuite de leurs intérêts personnels. La gouvernance au Kenyan affiche un score de 35%, avec M. Kenyatta à la tête du pays. Une performance pas assez encourageante.

Pendant presque deux décennies, le pays a été plongé dans des conflits parfois hors de contrôle, par des dirigeants politiques comme Mwai Kibaki, Raila Odinga, William Wruto et Uruhu Kenyatta, crises dans lesquelles plusieurs centaines de milliers de personnes ont perdu leur vie et une grande fraction de la population déplacée.


L’insécurité fait toujours actualité dans le pays. Aujourd'hui, Uruhu Kenyatta et William Ruto sont respectivement président et vice-président ; et avec beaucoup de regret ils ne sont pas à la hauteur des attentes du peuple. Sous l’administration de M. Kenyatta, la population se sent de plus en plus incertaine de l’avenir comme l'insécurité, le tribalisme, la corruption, des lourdeurs administratives sont des moteurs paralysant l'économie kenyane.



3.  John Dramani Mahama – Ghana (35%)



La présidence ghanéenne sous M. John Mahatma se caractérise par une multiplication des difficultés que traverse la population et le désespoir que cette dernière affiche dans l'économie, avec un score de 35%. Certes, M. Mahama dirige un pays considéré comme le hub économique de l’Afrique de l'Ouest, dévisagé comme un «vrai modèle» de la démocratie africaine et dont l'économie a toutes ces années été colorée dynamique. Mais en fond de ces descriptions, serait-ce-t-il qu’il y a des côtés plus sombres: l’augmentation constante en prix des produits pétroliers, la mauvaise gestion des fonds publics, des activités de corruption à la lumière du jour, l'incompétence et l’inexpérience des ministres de fournir des solutions à certains des problèmes basiques du pays et mettre en œuvre des politiques dans l'intérêt de la population sont parmi  quelques-uns des défis auxquels fait face le gouvernement sous son leadership.



Certaines écoles publiques manquent de matériels adéquats (craies, livres pédagogiques…), les programmes d'alimentation scolaire sont en dette, le pays vit des coupures électriques quasi quotidiennes, le chômage (des jeunes) est à la hausse… En dépit de toutes ces difficultés, M. Mahama a récemment sollicité un prêt de 156 millions de dollars auprès de la Banque mondiale  de laquelle une grande partie sera consacrée à la distribution de serviettes hygiéniques aux écolières – une nouvelle initiative entreprise par le président en vue d’aider les parents n’étant pas en mesure de les [serviettes hygiéniques] acheter pour leurs filles: cette politique a été mal conçue. Les manifestations, les grèves et les protestations populaires seraient certains des œuvres qu’il aurait dû laisser à la fin de son mandat.



4. Jacob Zumah – Afrique du Sud (40%)


L’administration  Zuma a titubé d'un scandale à l'autre au fil des années et l'économie sud-africaine rencontre des difficultés à rebondir malgré les promesses incessantes du président. Cet environnement fait que l’administration Zuma n’enregistre que 40% du score total.



En Afrique du Sud comme dans de nombreux pays africains, le système juridique est manipulé pour favoriser et protéger les détenteurs du pouvoir politique ou de leurs proches.

La corruption est à son plus haut échelon, avec très certainement M. Jacob Zuma pour chef. Vu les difficultés qui contraignent le système éducatif, il [le système] est incapable de délivrer les services les plus élémentaires que l’on pourrait imaginer. Des grèves ouvrières, le népotisme, le clientélisme et le tribalisme sont des sujets d’actualité quotidienne. La nomination récente par Jacob Zuma de sa fille âgée de 25 ans à la tête d’un portefeuille ministériel justifie de façon évidente les assertions qui viennent de suivre. Une nomination tant ouvertement critiquée par certains membres de son propre gouvernement, l’argument étant l’inexpérience et l’incapabilité de la nommée pour un tel poste.



5. Allassane Dramane Ouattara - Côte d'Ivoire (40%)



M. Ouattara est assis sur un «trône de sang », c’est ainsi que l’ont baptisé certaines figures de la classe politique ivoirienne. Il ne pouvait pas assumer la présidence sans  le soutien apporté par les puissances occidentales, pour ne citer que la France à cet égard. Les forces militaires françaises ainsi que celles des Nations Unies ont collaboré pour renverser Laurent Gbagbo, l’ancien président de la Côte d’Ivoire accusé de dictateur ; il avait refusé de reconnaître sa défaite suite aux élections présidentielles du Novembre 2010.


Après son accession à la présidence, M. Ouattara était censé influencer positivement le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire pour qu’y règne un climat de paix et de sécurité, mais l’expérience affiche le contraire. Il utilise la justice du vainqueur pour protéger ses alliés et loyalistes qui ont été impliqués dans les combats de la période post électorale.



Compte tenu des faiblesses que présente le système éducatif et du nombre croissant du taux de pauvreté, plusieurs jeunes (de bas âges) ont préféré abandonner l’école pour le gangstérisme et le banditisme.

Le plus grand producteur mondial de cacao a des défis d'infrastructure de base; et la condition de vie des agriculteurs reste très indésirable.


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Définition :
L’Index de Bonne Gouvernance d’Isidore (IBGI) emploie toute une gamme d’indicateurs nationaux et d’enquêtes sur les principaux thématiques de gouvernance pour la mesure de la performance des présidents des pays dits démocratiques.
Un score entre 70 et 100% signifie une bonne performance. En moyenne, un score oscillant  de 50 à 60% signifie une performance généralement acceptable. En revanche, un score en bas de 50% signifie une mauvaise performance.
Pour pus d’informations sur le classement : www.imanifrancophone.org/fr-dossier-special-classement-ibg-2014

 

 

 

 

 

Read 1169 times Last modified on jeudi, 04 septembre 2014 19:00

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