mercredi, 12 novembre 2014 18:00

Nigeria: Attaques terroristes - Goodluck plus préoccupé par son fauteuil que par Boko Haram Featured

Written by Le Pays
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Goodluck Jonathan porte-t-il vraiment son nom ? A la veille de l'officialisation hier mardi 11 novembre 2014, de sa candidature à la présidence de la République, le Chef de l'Etat nigérian s'est vu à nouveau interpellé par les terroristes : une cinquantaine d'adolescents ont, en effet, perdu la vie à Potiskum, dans l'extrême nord-est du Nigeria.



Selon plusieurs témoins, l'attentat d'une rare violence a été perpétré par un kamikaze. Déguisé, et portant l'uniforme de lycéen, il s'était fait exploser au milieu de jeunes nigérians, provoquant de ce fait un véritable carnage.

Ce type de bain de sang est généralement attribué à Boko Haram. De sérieux soupçons pèsent sur elle, puisque depuis 2009, les islamistes nigérians mènent des opérations contre des établissements scolaires publics de la région. Ils les accusent de transmettre un savoir basé sur la promotion des valeurs occidentales. Certes, l'organisation terroriste n'avait pas encore revendiqué l'attentat à l'heure où nous tracions ces lignes.

Mais dans cette partie du Nigeria, on se souviendra pendant longtemps de cette cour d'école transformée en champ de bataille, avec un peu partout des livres, des chaussures, des sacs maculés de sang, au milieu de corps déchiquetés.

Nul doute que des enfants de tous âges, et de toutes les religions, avaient beaucoup fraternisé durant leur scolarité dans l'établissement. Un vrai gâchis qui disqualifie davantage l'ignoble auteur et ceux qui le financent.

Ces renégats ne sauront désormais convaincre personne de leur croyance en Dieu et de leur appartenance à l'islam, religion d'amour, de paix, et de concorde. Les « Outlaws » de Boko Haram n'ont rien à voir avec la foi islamique.

Moralement, Goodluck paraît disqualifié et sa candidature à la présidentielle indécente

Le président Jonathan Goodluck a fait diffuser un communiqué dans lequel il qualifie cet acte de «meurtre odieux », et promet que son administration mettra la main sur les coupables. Mais, c'est encore un engagement de plus. Quelle recette miracle le candidat-président sortira-t-il enfin de son chapeau s'il est réélu à son poste ?

Certes, les textes constitutionnels permettent à Goodluck Jonathan de se présenter au scrutin présidentiel de cette année. Toutefois, moralement, l'homme paraît disqualifié et sa candidature indécente.

Il tient à rempiler en dépit des critiques qui fusent de partout sur l'incapacité de son administration à mettre fin à la violence qui sévit dans l'extrême Nord du Nigeria. Sa gouvernance économique fait aussi l'objet de critiques sévères.

En persistant à vouloir demeurer à son poste, l'actuel chef de l'Etat donne l'impression que le Palais lui sert finalement de refuge. Pourra-t-il battre campagne dans les Etats du Nord où prédominent les musulmans ?

Quel message tiendra-t-il alors aux populations des régions concernées ? En effet, sans grand risque de se tromper, l'on peut avancer que le président-candidat à sa propre succession, a été coiffé par son ennemi juré : Boko Haram.

L'idéal aurait été de renoncer à la présidence, afin de permettre l'avènement d'un autre candidat susceptible de pouvoir gérer le dossier Boko Haram.

A la fois incapable de libérer les otages et d'assurer la sécurité des Nigérians, Goodluck Jonathan devrait se raviser, d'autant qu'il évolue dans un environnement qui lui est franchement hostile.

De manière générale, les musulmans lui reprochent d'avoir mené à terme le mandat de son prédécesseur Yara'Adua, et de vouloir persister à demeurer à son poste, alors que d'aucuns s'attendaient à le voir céder le fauteuil, et donner sa chance à un successeur musulman. Cela aurait probablement eu l'avantage de faire baisser la tension.

L'organisation islamiste avait bien prévenu: elle frappera sans discontinuer, partout où se fait la promotion des valeurs occidentales, en particulier dans les écoles. Environ deux cents filles avaient déjà fait les frais de cette haine que le groupe islamiste voue à l'Occident.

A ce jour, on ignore toujours où se trouvent les jeunes filles que le dirigeant de Boko Haram dit avoir converties à l'islam et mariées à ses combattants.

En frappant la veille de l'annonce de cette candidature, les terroristes entendaient peut-être donner un avertissement à Goodluck Jonathan. Si ce n'est pas un message, ça y ressemble fort. Ce n'est pas pour rien.

La tension semble avoir monté d'un cran, depuis l'amorce de la médiation du Tchad entre les deux camps. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que face à Boko Haram, Abuja ne brille pas que par son impuissance ; l'actuelle administration nigériane paraît même avoir capitulé.

Les performances de Boko Haram irritent autant que l'impuissance des autorités nigérianes révolte

Boko Haram rayonne de tous ses feux, et il fait très mal aux Africains les plus vulnérables, en particulier les lycéens ! En multipliant ses exactions sur la jeunesse nigériane, Boko Haram confirme, en tout cas, qu'il n'a rien à voir avec la foi islamique.

C'est tout simplement un groupe d'illuminés, de sanguinaires qui s'attaquent à des personnes vulnérables. En termes de cruauté, Boko Haram a dépassé les bornes.

Ses actes ignobles le hissent au rang des célébrités du crime de sang telles qu'on les a identifiées dans d'autres régions d'Afrique comme le sieur Koni d'Ouganda, Fodé Sankoh de Sierra Leone, etc.

C'est à croire que Boko Haram envie ces célébrités et cherche même à les dépasser ! En tout cas, le degré d'horreur auquel veut nous habituer l'organisation terroriste nigériane dépasse l'entendement ! Les performances de Boko Haram irritent autant que l'impuissance des autorités nigérianes révolte les consciences.

Le Nigeria de Goodluck Jonathan devrait jeter l'éponge de l'orgueil et demander officiellement et rapidement l'assistance de la communauté internationale.

L'Union africaine (UA), les Nations unies et l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) devraient s'associer pour trouver une solution définitive à ce conflit de valeurs doublé de crimes abjects perpétrés par une bande de hors-la-loi !

Abuja n'a aucun intérêt à voir se perpétuer de telles ignominies sur son sol. Il va de soi que le reste de l'Afrique ne souhaite ni voir Boko Haram étendre ses tentacules au-delà des frontières voisines, ni voir de tels exemples se reproduire ailleurs sur le continent ! Les enfants nigérians ont droit à un minimum.

A l'évidence, le Nigeria éprouve sérieusement du mal à neutraliser les terroristes qui lui imposent une guerre larvée.

Aujourd'hui, il est du ressort de la communauté internationale de se hâter afin de mettre rapidement fin au calvaire du Nigeria. Aux dirigeants de ce grand pays ouest-africain de songer tout d'abord à jeter l'éponge.

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