ERIC  K.  ALOVOR

ERIC K. ALOVOR

L`Afrique, le continent noir, mère des continents, est constamment en proie à des difficultés socio-économiques et politiques qui, à bien des égards, transforment ses fils et filles, chez eux, sur leur propre terre natale, en parias et en êtres bannis ou, en terre lointaine d’asile, en citoyens acculturés et de seconde zone.

L’exil est devenu pour nos peuples, surtout les jeunes, une source nourricière potentielle et un choix de survie. Ce paradoxe crée une frustration qui érode l`Afrique et tend à faire de ses processus de démocratie naissante un Mal plutôt qu’un Bien.

Que ferions-nous d’autres et que nous resterait-il de tant d’années d’efforts et de sacrifices, si nous venions à nous égarer définitivement. De la voie de la démocratie ?

Face à cette question existentielle qui nous interpelle tous, notre compatriote Kodjo EPOU tire la sonnette d’alarme et cite : « La démocratie est loin d’être parfaite mais elle demeure le moins mauvais des systèmes » Nous avons plus intérêt à œuvrer pour l’enraciner dans nos mœurs que de la renier en collaborant, contre gains faciles et immédiats, à tout ce qui est sa négation. De nos jours, la Démocratie est un système incontournable. Au point que toute tentative de l’étouffer se révèlera, tôt ou tard, inopérante.

L’initiative de créer Fmliberte répond à cet esprit. Notre mission se projette dans cette perspective. Elle vise donc à consolider chaque jour un peu plus la démocratie dont le nerf est la parole. Ainsi, sur les ondes de Fmliberte, La radio de la Diaspora, il n’existe pas de propos tabou, à l’exception de ceux qui sont dans l’ordre d’attentats à la pudeur, d’attaques personnelles ou de fausses informations. L'idée de rassembler les africains autant que nous le pouvons constitue la trame de nos émissions. Elle n’exclut nullement les critiques, même les plus acerbes, mais elle impose le respect de l'autre dans sa dignité humaine.

Nous restons convaincus que notre investissement en temps et en matériel ne sera pas vain; que les Communautés africaines de l’étranger et l’ensemble de la diaspora africaine apprécieront nos efforts à leur juste valeur. Notre ardent souhait est que Fmliberte, cet outil majeur de communication et de rapprochement soit un véritable tremplin de la Démocratie sur le beau Continent.La vocation de Fmliberte tient en trois mots:

Divertir. Informer. Rassembler.

FM Liberte, l’autre Son de Cloche

Bonne écoute!!

Le Président/Administrateur
Eric K. ALOVOR

Les Togolais seront sûrement contents. Leur beau-frère le BÉNINOIS Marcel De Souza, président de la Commission de la CEDEAO, candidat à sa propre propre succession a été éconduit. Et remplacé par l'ivoirien Jean-Claude Brou, Image result for Jean-Claude Brou

l'actuel ministre des Mines qui n'était même pas présent à Abuja. Un souci de moins pour la lutte.

Je reviendrai avec plus de détails sur cette éviction.

Quand Sekou Toure déclenche l'abandon de la France.
Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l'institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à toutes les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des élites africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonial proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après qu’il a commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modibo Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA ( imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants ).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaires anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.
Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance
Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d'État contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.
En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d'États en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré :

« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de vingt-troisième puissance [ du monde ] “

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand avait déjà prophétisé en 1957 que : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle”

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale à la France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d'État. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l'ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la colonisation française

Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est géré par le Trésor français, sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politique monétaire propre. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajoutés à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements, ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement en cas de refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marchés étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offre financière ailleurs n’est pas pris en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique
Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfert du pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créée. Appelée « Francophonie » qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer en France le rapport annuel du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétariat des banques centrales des ex- colonies, et le secrétariat de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies sont assurés par la France banque centrale / Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliances militaires inter-etats. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux ! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les garde bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte de l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre des Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous qu'il revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ?“

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années ! Combien de temps les Africains doivent-ils encore attendre pour mettre fin à ce grand vol organisé et esclavage organisés depuis plusieurs siècles

 

La Coalition des Forces Démocratiques a pris connaissance de la déclaration rendue publique par le gouvernement à l’occasion de sa rencontre du jeudi 7 Décembre 2017 avec la presse nationale et internationale et tient à faire part des observations ci-après :

1) S’agissant des mesures d’apaisement, la Coalition prend acte des intentions affichées par le gouvernement. Aucune nouvelle mesure concrète n’ayant été prise au moment de ces annonces, la Coalition restera attentive aux actes tangibles qui seront posés. Pour le moment, la Coalition des Forces Démocratiques vient d’apprendre la libération des deux Imams de Sokodé et Bafilo. Elle s’en félicite et espère que toutes les autres personnes dont elle a exigé la libération, notamment, les autres détenus suite aux manifestations, les membres de l’Association NUBUEKE ainsi que les détenus dans les affaires des incendies des marchés, recouvreront très vite la liberté

En ce qui concerne le retour à une vie normale dans les trois localités de Sokodé, Bafilo et Mango, la tenue des manifestations nationales de la semaine prochaine dans lesdites villes, sera un élément important d’évaluation de la bonne foi du gouvernement

2) La Coalition tient à faire part de son étonnement face à l’intention exprimée par le gouvernement d’adresser des invitations aux principaux représentants des partis politiques afin, dit-il, « de les convier à des consultations visant à recueillir leurs suggestions concernant le format et les modalités du dialogue ». Nous estimons que le régime qui inclut le Chef de l’Etat, le gouvernement et le parti RPT-UNIR au pouvoir, est l’un des deux protagonistes de la crise et ne peut par conséquent, s’ériger en juge alors qu’il est partie.

3) C’est le lieu d’interpeller l’opinion publique nationale et internationale sur le cheminement qui a conduit au processus de négociation auquel fait allusion le gouvernement et dont il s’évertue à tort, à s’arroger aujourd’hui la paternité et le contrôle. En effet, c’est à l’issue d’une rencontre des Chefs d’Etat de la sous-région le 24 octobre 2017 à Niamey que le Président ghanéen, son Excellence Monsieur Nana Akufo-Addo a été chargé par ses pairs, d’initier une médiation en vue d’une sortie de la crise togolaise par la voie de la négociation, ce qui signifie en clair, le rejet de la voie du référendum choisie par le gouvernement et qui ne pouvait que conduire à l’impasse et à l’exacerbation des tensions politiques déjà très fortes dans le pays. Il convient de rappeler qu’entretemps, au nom de l’Union Africaine, Son Excellence le Président Alpha Condé, président en exercice de l’organisation continentale, a lui aussi initié une médiation destinée à obtenir la mise en œuvre des mesures d’apaisement en vue de créer un climat propice à des négociations sereines. La Coalition a constamment œuvré de bonne foi pour un heureux aboutissement de ces deux médiations. C’est ainsi que, à sa demande, la coalition a transmis à la médiation ghanéenne ses propositions sur le cadre et l’agenda des négociations, la Coalition a également fait part à la médiation guinéenne de ses préoccupations en ce qui concerne les mesures d’apaisement. Elle a suggéré la mise sur pied d’un Comité préparatoire regroupant trois membres de chaque camp en présence de la médiation ghanéenne. Ce Comité préparatoire, dont le principe a été accepté par les deux parties, devait se réunir dès que les mesures d’apaisement auront été mises en œuvre par le gouvernement. La délégation ghanéenne revenue à Lomé le 27 Novembre 2017 pour le démarrage des travaux, a dû constater la non effectivité des mesures d’apaisement. La déclaration du gouvernement sur le dialogue semble remettre en cause le chemin déjà parcouru par la médiation ghanéenne. La Coalition s’en étonne.

4) Le gouvernement va vite en besogne en estimant que « toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour permettre le démarrage du dialogue » alors que les mesures d’apaisement annoncées lors de la conférence de presse ne sont qu’à leur début d’exécution. Il y a lieu de s’interroger sur la réelle volonté du régime à négocier avec la Coalition pour trouver des solutions en vue de sortir durablement le pays de la crise.

La Coalition tient à réaffirmer solennellement sa ferme disponibilité à poursuivre la préparation des négociations dans le cadre de la double médiation guinéenne pour les mesures d’apaisement et ghanéenne pour les discussions proprement dites.

La Coalition tient à réitérer toute sa gratitude à tous les Chefs d’Etat de la sous-région pour leur implication dans la résolution pacifique de la crise qui secoue notre pays. Elle tient à remercier tout particulièrement les Présidents Alpha CONDE de la République de Guinée, Président en exercice de l’Union africaine, et Nana AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana, pour leurs efforts de médiation en vue de la tenue des négociations entre les protagonistes de la crise togolaise pour l’instauration d’une vie démocratique normale au Togo.
La lutte populaire est invincible !

La C14

(Pour ceux qui ne le savent pas, Me Koffigoh fut ancien Premier ministre du Togo puis Ministre des Affaires étrangères. Il avait conduit la transition démocratique qui a échoué sous le régime du dictateur Eyadèma Gnassingbé).

Anani Sossou

J'étais ce week-end dans mon petit village où les enfants du lieutenant Awoumey mort lors des combats du 3 décembre 1991, ont commandé une messe en sa mémoire. Cela nous a donné l'occasion de prier pour tous ceux qui sont tombés ce jour là, victimes de nos avanies politiciennes. Un certain Monsieur Anani Sossou a cru devoir m'attaquer sur les réseaux sociaux en commentant à sa manière ces évènements douloureux. Je suis allé sur sa page Facebook et constaté qu'il habite à Bruxelles. Libre à lui depuis l'Europe de remuer le couteau dans nos plaies. Je lui dédie ce poème ainsi qu'à mes vrais amis. À l'heure où il faut rassembler nos forces pour purifier le Togo de la chienlit des haines qui nous ont toujours éloignés du but, il n'est pas inutile de lever un peu le voile sur le passé qui nous hante comme un fantôme malveillant. Ce monsieur, pour finir me demande d'écrire mes mémoires, après m'avoir insulté. J'écrirai ou n'écrirai pas mes mémoires. Mais le moment viendra où la vérité qui se cache éclatera au grand jour pour que les togolais ne commettent plus les erreurs des devanciers. Personne ne viendra de l'extérieur pour sauver ce pays. J'en ai hélas déjà fait l'amère expérience comme vous le verrez dans ce poème intitulé POÈME SANS RANCUNE.

POÈME SANS RANCUNE
(À Anani Sossou)

Je pourrais réussir en faisant la satyre;
Les sujets abondent où l'on pourrait choisir:
Exemple, la haine qui devient un loisir
Favori de certains qui n'aiment que médire.

Mieux vaudrait les bénir au lieu de les maudire;
J'ai eu à gouverner dans le temps des martyrs
Qui tombaient un à un pour que notre avenir
Retrouve son éclat et puisse rebondir.

Il fallait un moment arrêter le carnage,
Pour trouver une voie d'entente avec des gages
Donnés mutuellement sans trahir au passage
L'esprit du renouveau et son secret message:

Combattre en sauvant l'unité nationale,
Retenir le pays dans le sens vertical
Pour qu'il ne tombe pas écrasé par le mal
Absolu d'un conflit aux issues trop fatales.

De pauvres ignorants appellent ça trahir!
Et pourtant je suis fier d'avoir pu contenir
L'assaut final des chars qui voulaient démolir
L'espoir en gestation que l'on voyait venir.

Il y avait un moyen de devenir héros:
Fuir jusqu'à Bruxelles pour dénoncer les maux,
Se trouver un refuge au lieu de prendre un seau
D'eau pour tuer le feu qui brûlait le Togo,

Rester dans l'illusion que François Mitterrand
Serait notre secours contre les assaillants,
Croire en J.J. Rawlings qui m'avait dit pourtant
Qu'il ne pouvait tout seul battre nos régiments.

Je rend toujours hommage aux vaillants combattants
Qui ont donné leur vie et ont versé leur sang
Quand les gens sont partis, certains vers le couchant,
D'autres vers l'orient par peur des assaillants.

Épou et Tokofaï, Aboni et Ogou,
Lieutenant Awoumey, morts et toujours debout,
Disparus ou vivants, vous êtes des chouchous
Dans notre mémoire; comme on est fier de vous!

Pourquoi ne pas penser aux gens de l'autre bord;
Ce sont tous nos frères et ils ont eu leurs morts,
Même si nous croyons qu'ils se battaient à tort
Contre le renouveau porté par un vent fort.

La vérité dérange moi je le sais depuis;
Mais je lutte toujours pour sauver les acquis;
Mes vers sont des onguents pour tous les cœurs meurtris
Que cela plaise ou non à Sossou Anani.

Cet homme s'est gardé de mettre à mon crédit
Cette constitution qu'on réclame à grand cri,
Et il a oublié avec son parti-pris
Le premier parlement conquis par nos amis.

Nous étions sur le front pour sauver l'essentiel
Protéger le pays des laves démentielles
De haines tribales qui coulaient par kyrielles
Nous rêvions nous aussi d'un grand peuple arc-en-ciel.

Était-ce criminel que d'éviter la guerre?
Faites-là maintenant! Peuplez les cimetières,
Si le cœur vous en dit; mon passé est derrière;
Très bientôt moi aussi je deviendrai poussière.

Tout le reste appartient aux maîtres de l'Histoire;
Laissons-les démêler dans le fond des mémoires
Ce que chacun a fait dans son coin du terroir
Pour nous faire passer le pont des années noires.

Joseph Kokou Koffigoh
Poème inédit
Lomé le 4 décembre 2017