jeudi, 30 octobre 2014 19:00

Editorial de Kodjo Epou: Blaise Compaoré: Vers une fin pitoyable Featured

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Le président Burkinabe, dos au mur, sort de son chapeau une ruse qui a pour nom: Gouvernement d’Union Nationale pour une transion jusqu’en 2015.Trop tard. Le putschiste Blaise, se croyant irremplacable, en dépit de la rage populaire qui s’est déferlée, telle une coulée de larve volcanique, sous les fenêtres de son palais, s’accroche.

Alors qu’il ne doit plus sa survie qu’à l’asssistance d’un petit groupe de fidèles qui, eux aussi, peuvent lâcher prise à tout moment.

Jusqu’à quand va-t-il s’accrocher, le tombeur de Thomas Sankara! Pense t-il que l’alternance politique, c’est seulement l’affaire des autres et que les Burkinabe doivent l’aimer jusqu’à l’idôlatrie ou mourir! N’est-ce pas une grande honte pour les peuples d’Afrique lorsqu’un de leurs dirigeants, après avoir passé près de trente ans au pouvoir,en plein 21eme siècle, tente désespérément de modifier la constitution pour rester au pouvoir?

N’est-ce pas une pure moquerie à la démocratie quand Blaise Compaoré croit encore jouir d’une quelconque popularité dans son pays? Il suffira que l’opposition accepte sa proposition de former un GUN que le despote change de stratégie pour sécuriser son fauteuil en distribuant voitures flambant neuves, tracteurs, maisons clés à main et liasses de billets de banque aux Chefs traditionnels, aux cadres de police et officiers de l’armée qui lui sont hostiles.Théoriquement, la démocratie empêche de tels abus tout comme elle empêche la militarisation abusive et irrationnelle d’un pays aux dépens de la production, génératrice de richesses.

C’est parce que la démocratie est restrictive et contrôle les élections qu’il fait si peur, tant à Compaoré qu’à un bon nombre de ses pairs du continent noir. Au Burkina, il suffit que la rue faiblisse, que les leaders acceptant d’aller s’asseoir autour d’une table de négociation que le président vomi, au lieu de tenir un discours sincère et patriotique, cherche plutôt à gagner du temps, à rouler tout le monde dans la farine. La répression sanglante pourrait venir comme riposte en cas de refus des populations de céder au prolongement illégal ou immérité de son mandat présidentiel. Ces populations aux mains nues qui mènent de façon courageuse et héroïque la contestation seraient alors traitées d’insoumises à l’autorité, de manupulées de l’extérieur, d’assoiffées de pouvoir ou accusées de trahison,d’atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’Etat.

La plupart des Chefs d’Etat africains, les francophones plus que les autres, sont de potentiels “Compaoré” , remplis de haines latentes contre leurs peuples, beaucoup plus enclins à déclencher des conflits inter-ethniques pour justifier leur maintien que de travailler pour la paix intérieure. C’est ainsi que les exemples d’élections libres facilitant la transmission pacifique de l’autorité d’un leader à un autre sont rarissimes sur le continent. La manipulation des urmes, des citoyens,des caisses et de l’opinion internationale devient une préoccupation majeure au detriment de toute action qui va dans l’intérêt supérieur du pays. Pitoyable Blaise! Après tout ce gâchis, le voilà qui annonce finalement, avec l’énergie du désepoir, l’idée de rester jusqu’à la fin de son mandat actuel. Il fallait le dire plus tôt! Kodjo Epou, Washington DC
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