mercredi, 04 octobre 2017 17:33

BRIGITTE ADJAMAGBO JOHNSON : « C’EST UN COMMUNIQUÉ QUI NE TRADUIT PAS UNE POSITION CLAIRE » KOFI TELLI  Featured

Written by Nono, FMLiberte , Lome
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La coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise vient de réagir par rapport au communiqué conjoint qu’ont produit ce mercredi l’Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel (UNOWAS).

Dans une interview accordée  à Global Actu,  la coordinatrice de cette coalition, Brigitte Adjamagbo Johnson estime que ce communiqué n’est pas clair. «Nous constatons une incohérence qui ressemble à un parti pris que l’on cache mal. Nous constatons par la même occasion que le représentant spécial des Nations Unies signe un communiqué qui est en contradiction avec ce que son patron demande depuis New York ».

Dans tous les cas, a-t-elle poursuivi, le peuple togolais continuera la lutte. « Il se battra pour obtenir ce qu’il veut », a-t-elle ajouté.

Elle a aussi profité de l’occasion pour répondre au ministre de la Sécurité et de la protection civile, Yark Damehame qui disait ce soir devant la presse, dans un point de la manifestation de l’opposition, qu’à Lomé, il n’y a eu dans les rues que 7.000 manifestants.

Ce soir, une information vient de tomber. L’UA, la CEDEAO et l’UNOWAS ont pris un communiqué conjoint dans lequel il est demandé aux acteurs politiques de l’opposition de saisir l’occasion du projet de loi de révision constitutionnelle, pour faire avancer les réformes constitutionnelles. Les 3 organisations demandent également au gouvernement de fixer une date pour le référendum. L’avez-vous lu ?

Effectivement, j’ai lu ce passage dans le communiqué et j’ai lu un autre dans lequel les institutions appellent au dialogue. Je pense que c’est un communiqué qui ne traduit pas une position très claire. De deux choses l’une. Soit ces institutions demandent qu’on aille au référendum et dans ce cas, il n’y a plus de dialogue ou elles demandent qu’on aille au dialogue pour voir dans quelle mesure donner satisfaction au peuple. C’est un communiqué qui n’est pas du tout clair.

Nous constatons une incohérence qui ressemble à un parti pris que l’on cache mal. Nous constatons par la même occasion que le représentant spécial des Nations Unies signe un communiqué qui est en contradiction avec ce que son patron demande depuis New York.

La demande du peuple est légitime. Ce à quoi nous nous attendons, c’est que la communauté internationale soit aux côtés du peuple, qu’elle appelle franchement, comme le Secrétaire général des Nations Unies l’a fait à travers son porte-parole, au dialogue pour donner satisfaction au peuple. Je voudrais saisir cette opportunité pour rappeler que ce que le peuple demande, c’est le retour à la Constitution de 1992 avec ses implications. Le peuple ne fait qu’essayer d’achever la lutte qu’il a commencée depuis le début des années 1990.

Je souhaiterais que la communauté internationale prenne toute la mesure de la profondeur de ce mouvement et qu’elle prenne position en faveur du peuple qui aspire vivre dans un pays démocratique, à l’alternance et à en finir avec 50 ans de règne d’une seule famille.

Nous continuerons la mobilisation et nous sommes sûrs que la communauté internationale, au fur et à mesure, prendra la mesure de ce qu’il se passe au Togo en ce moment. Nous sommes prêts au dialogue comme le Secrétaire général des Nations ou le Groupe des 5 y a appelé et nous attendons que nous ayons l’opportunité de discuter de comment réinstaller la Constitution de 1992 et que nous puissions discuter des implications de cette Constitution.

Dans tous les cas, pour le peuple togolais, la lutte continue. Il se battra pour obtenir ce qu’il veut.

Le ministre de la Sécurité a rencontré la presse ce mercredi soir pour faire le point de votre manifestation. Il disait qu’à Lomé, il y a eu un peu plus de 7000 manifestants dans les rues. ?

(Rires). Il vaut mieux en rire. Je laisse la presse lui répondre et nous aurions préféré qu’il investisse toute son énergie à assurer la sécurité des Togolais, à faire en sorte que les manifestants non seulement manifestent en sécurité et qu’ils rentrent chez eux en sécurité aussi. Ce qui n’est pas le cas. On vient de me signaler, on va le vérifier encore, qu’après la dispersion des manifestations, des manifestants auraient essuyé des gaz lacrymogènes sur le chemin de retour. J’aurais aimé qu’il assure la sécurité des manifestants. Je suis en train d’essayer de faire la lumière pour avoir davantage de précision.

Que va-t-il se passer demain ?

Demain, nous retournerons dans la rue et j’exhorte le ministre de la sécurité à venir avec des lunettes qui lui permettront de voir clair. Nous avons l’intention d’organiser une autre marche qui sera la marche de la colère.

 

Crise au Togo: l’UA, la CEDEAO et l’UNOWAS lâchent l’opposition

C’est une première dans la crise politique qui secoue le Togo depuis le 19 août dernier. L’Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel (UNOWAS) viennent de prendre position.

Pour ces trois (3) organisations réagissant par la voie d’un communiqué conjoint, le projet de loi de révision de la Constitution en ses articles 52, 59, 60 et 158, pris en conseil des ministres et adopté par les députés de la majorité à l’Assemblée nationale est « une étape importante pour mettre le Togo en conformité avec les normes démocratiques reflétant les meilleures pratiques en Afrique de l’ouest ».

Par conséquent, les trois organisations régionales appellent les acteurs politiques togolais de l’opposition à « saisir cette occasion pour faire avancer les réformes constitutionnelles ».

Cette position, à n’en point douter, ne plaira pas à la coalition de l’opposition togolaise qui a mobilisé dans les rues de plusieurs localités du Togo, les Togolais, aux fins d’obtenir le retour à la Constitution de 1992. On peut même dire sans risque de se tromper que cette position commune des trois (3) organisations est un désaveu pour les revendications faites par cette opposition en ce qui concerne les réformes politiques au Togo.

Les institutions africaines demandent le Togo de se diriger vers un référendum et en appel à la bonne foi de l'opposition à aller vers des discussions. 

L’opposition qui est dans les rues tient jusqu’alors à un retour à la constitution de 1992. En marche aujourd’hui, elle prévoit une autre marche demain 5 octobre, une marche qualifiée de colère et « d’assaut final. »

Pour rappel, l’UA est présidée par Alpha Condé de la Guinée, la CEDEAO par le président togolais, Faure Gnassingbé et l’UNOWAS par le Ghanéen, Mohamed Ibn Chambas

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