jeudi, 11 janvier 2018 08:12

Docteur Mariama Beavogui : « N’importe qui ne doit pas enseigner » Featured

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La vice rectrice chargée de la recherche à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC), Docteur Mariama Beavogui  a accordée une interview à notre rédaction, au cours de laquelle elle nous a expliqué ce qu’il faut pour une bonne recherche scientifique dans son institution.

Lisez !

Fmliberte.com : depuis votre installation, quel constat avez-vous fait dans ce service?

Mariama Beavogui : La première des choses que j’ai eu à faire dès mon installation, j’ai cherché à rencontrer tous les services relevant du vice rectorat de la recherche, pour connaitre les attributions de chaque service, et voir le niveau d’avancement des activités de chaque service.

-Quelles sont les difficultés rencontrées après votre arrivée ?

Les difficultés sont nombreuses en terme du personnel, de moyen de travail, de logistique ; Chaque service à ses problèmes. Mais le gros problème de la recherche, c’est le manque de financement de la recherche de notre structure, le besoin en formation des formateurs, le besoin en formation dans l’élaboration des projets, la recherche du financement pour le peu de projets qui sont là. Il faut remettre tous les services du même niveau, les dotés des matériels pour travailler, le personnel qu’il faut pour travailler.

-Quelles sont vos projets en court et en long terme ?

En court terme, c’est de rétablir les gens dans leur milieu de travaille, les doter de matériels qu’il faut pour pouvoir mieux travailler. Par exemple, la bibliothèque qui a plus de six (6) mille ouvrages numériques, mais qui ne dispose pas assez d’ordinateurs pour permettre aux étudiants d’exploiter ces ouvrages comme il faut. L’école doctorat mis en place depuis, mais il n’ y a pas eu le  lancement des écoles doctorats alors que les formations continues à se faire. Donc il faut un local pour pouvoir travailler. Toujours pour le moyen terme, c’est comment appuyer la formation des formateurs, appuyer les chercheurs dans l’élaboration des projets.

 A long terme c’est d’établir un partenariat avec des gens qui peuvent financer les recherches au sein de notre institution, aller jusqu'à la mise en place d’un fond de recherche. Une telle institution ne peut se développer sans la recherche et la recherche ne peut se faire sans un financement.

- Quelle message avez-vous à lancer à l’endroit du gouvernement pour améliorer votre service ?

Il faut que chacun fasse de la recherche son problème, il faut donner les moyens pour permettre aux enseignants chercheurs d’évoluer, il faut leur permettre la mise en œuvre de leurs projets. Je sais que le gouvernement ne peut pas tout faire, donc les partenaires sont sollicités aussi.

-Si vous étiez ministre de l’enseignement supérieur quel sera votre plan pour améliorer l’enseignement guinéen ?

Nous avons le meilleur plan actuellement. Par exemple fermer l’orientation à la faculté de médecine pour quelques années, nous on enseigne à la faculté de la médecine  avec  des places de 500 à 600 places d’étudiants. La réduction des effectifs pour une meilleure formation c’est déjà  une bonne chose. La qualification des enseignants, ‘’n’importe qui ne doit pas enseigner’’. Il faut avoir le bagage intellectuel pour enseigner. Remettre l’enseignement au niveau international, les enseignants au même pied d’égalité que les autres enseignants. Donc voila déjà des jalons posés qui doivent être accompagnés et soutenus et surtout de ne pas revenir en arrière, parce qu’en Guinée tu vas faire jusqu'à un niveau et un autre vient dire tout ce que tu as fait n’est pas bon. Donc si nous accompagnons cet actuel ministre dans ses projets,  je pense qu’on peut améliorer l’enseignement supérieur. Il faut des enseignants de qualités, il faut être exigent dans cet enseignement pour sortir les meilleurs étudiants dans cette université.

-Votre mot de la fin

Mon mot de la fin c’est de donner étant là où je suis, un autre visage à la recherche, avant que je quitte ce service, je veux laisser quelque chose de positive à la recherche. C’est pourquoi, j’ai besoin des oreilles qui m’écoutent et qui m’accompagnent.

Saidou Diallo

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