mardi, 03 octobre 2017 19:47

Bénin : le remaniement ministériel pas à l’ordre du jour avant 2018 Featured

Written by La Redaction
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Une certaine imminence du premier remaniement ministériel du président Patrice Talon, a récemment alimenté et continue, dans certains milieux, d’alimenter les débats.

A plusieurs reprises, on a cru voir le chef de l’Etat reformer son équipe gouvernementale,  à travers plusieurs signes avant-coureurs, qui en réalité semblent ne pas en être. Certaines Presses locales comme celles internationales se sont même amusées à avancer des jours. Certains avait prédit le mois de juillet tandis que d’autres avaient misé sur le mois de septembre. Et pourtant, à l’exception de Candide Azannaï et de Hervé Hêhomey, qui ont connus diverses fortunes, rien ne semble ébranler   la composition de l’équipe de départ, qui continue de résister aux vagues de supputations et à toutes autres prévisions de boules de cristal.

Aujourd’hui avec un peu de recul et une analyse des différentes cartes en main, il apparait évident qu’aucun remaniement ministériel n’est à l’ordre du jour avant mi-2018.

Le type de quinquennat, un indicateur….

D’abord, il est important de ne pas perdre de vu le fait que le président Patrice Talon a hérité d’un quinquennat parsemé de trois élections, comme tout quinquennat présidentiel au Bénin d’ailleurs. Et l’une des particularités de ce mandat est que les première élections, en l’occurrence les législatives, n’interviennent que trois ans après l’installation d’un nouveau chef d’Etat. Ce type de mandat, le deuxième depuis l’avènement du renouveau démocratique en 1990, n’a jamais été un mandat où les remaniements ministériels sont fréquents.

Le premier cas d’un mandat où les législatives sont intervenues trois ans après l’installation du chef de l’Etat, est survenu sous le président Mathieu Kérékou entre 1996 et 2001.

Pour un devoir de mémoire, le premier gouvernement formé avec Me Adrien Houngbédji comme Premier ministre n’a volé en éclat qu’avec la démission de ce dernier et 03 autres ministres de son parti, le 08 mai 1998, soit deux ans plus tard.

Le deuxième gouvernement formé 07 jours plus tard a conduit jusqu’au-delà des législatives en mars 1999, avant d’être remanié une dernière fois en juin 1999, après l’échec de la majorité présidentielle à ces élections.

Ce rappel mémoire pour montrer que ce type de mandat, n’est pas forcément friand des remaniements ministériels.

Une motivation hautement politique….

Mais ce qu’il faut surtout retenir et qui reste tout aussi vrai avec le régime actuel, est que ces choix de modifier le moins que possible l’équipe gouvernementale est hautement politique.

Le souci de tout chef d’Etat, qui hérite des législatives trois ans après son installation, et celui du président Talon en particulier, qui tient par-dessus tout à modifier la constitution –une revanche personnelle sur l’histoire-  reste la nécessité de cristalliser autour de sa gouvernance une majorité, non seulement massive, mais aussi solide, pour remporter une majorité parlementaire confortable. Un remaniement précoce demeure dans ces conditions, plus un inconvénient qu’un avantage. Et pour cause, le risque de l’implosion de la majorité, pour des frustrations liées aux distributions de maroquins n’est jamais loin.

Une équipe de confiance….

Mieux, tout porte à croire que le chef de l’Etat s’est fait entourer d’une équipe solide, autour de laquelle s’est bâtit une certaine confiance. Tout laisse penser que le président Talon est satisfait de son actuel gouvernement.  Le dernier limogeage intervenu, du ministre Hervé Hêhomey n’en est qu’une preuve.

Si le chef de l’Etat avait voulu se séparer d’un certain nombre de ses collaborateurs, un remaniement complet aurait été un moyen de faire passer en douce la brutale révocation de son fidèle ministre. Il faut ensuite remonter à quelques mois plus loin pour constater que le portefeuille de la défense abandonné par Candide azannaï, non plus n’a jamais été réattribué.

Et pour finir, il est évident qu’un chef d’Etat dont la santé a été, pour le moins, vacillante ces dernières semaines, ne serait pas forcément prêt à une instabilité, au sein de son équipe de confiance

Il est donc clair que le remaniement annoncé par les rumeurs, peut encore attendre 2018. Elle n’est pas forcément à l’ordre du jour. C’est en tout cas ce que semblent signaler les différents indicateurs arpentés.

Source: Benin Web TV

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