jeudi, 21 décembre 2017 14:44

Tout ce que vous devez savoir sur l'orgasme et comment faire jouir la femme à fond. Featured

Written by Ange Dany
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INTERVIEW  DE RADIO LIBERTE DE LA DIASPORA SUR L’ORGASME 
Invité : Jean-Baptiste LINSOUSSI, Sexologue clinicien (UCL)

Des questions fréquentes surtout entres filles : as-tu pu jouir ? Est-ce qu’il a pu t’amener à atteindre l’orgasme ? Comment distingue-t-on l’orgasme d’une simple jouissance ? C’est quoi au fait l’orgasme ? L’orgasme existe-t-il vraiment ?
Voilà des questions en vrac auxquelles nous demandons à un spécialiste, le sexologue Jean-Baptiste LINSOUSSI de  répondre. 

Bonjour Jean-Baptiste,
Alors qu’est-ce que l’orgasme ? Et comment sait-on qu’on l’a atteint ?
L’orgasme est une sensation de bien-être intense survenue pendant quelques secondes (2 à 10) au cours de la stimulation sexuelle. Et pour parler d’orgasme, il faut que cette sensation entraine une perte de contrôle… pour dire qu’il est différent d’un simple plaisir sexuel. L’orgasme est, en effet, une sorte d’exacerbation du plaisir. Et cette exacerbation, la manière de la vivre, il faut le préciser, peut varier d’une personne à l’autre : alors que certains parleront d'une sensation d'éclatement, d'envahissement, d'autres auront comme impression de vivre une extase, un flottement. Certaines femmes au début de leur vie sexuelle ne le reconnaissent pas et le vivent comme la chute brutale de la tension sexuelle.

Comment s’explique-t-il au plan physiologique ?
Comme vous le dites, l’orgasme a une explication physiologique bien connue : c’est tout un processus chimique qui y conduit. Il répond à une stimulation érogène continue que le cerveau (l’hypothalamus et l’hypophyse) ressent comme un signal pour libérer des hormones, notamment l’endorphine appelée hormone du bonheur et qui entraine cette sensation dont nous parlons. Mais la physiologie de l’orgasme prend également en compte plusieurs autres réactions au plan biologique. 

Est-ce l’orgasme seul qui fait intervenir une hormone.
Absolument pas. Au cours de toute la réponse sexuelle, aussi bien chez l’homme que chez la femme, il y a plusieurs hormones sexuelles que libère le cerveau. Il y en a tout un tas dont entre autres la testostérone qui gouverne le désir, la lulibérine secrétée au début du rapport et qui entraine le plaisir, avant l’endorphine reconnue comme l’hormone du bien-être sans oublier la dopamine. Il y a aussi l’ocytocine qui gouverne l’aspect affectif du rapport et d’autres hormones encore comme la prolactine, hormone de la satiété sexuelle. Cette dernière qui explique la chute du désir après le pic. Etc…

Comment fait-on pour reconnaitre qu’on est parvenu à l’orgasme ?
Les signes diffèrent d’un sexe à l’autre. Chez la femme, le clitoris durcit, les mamelons également. Chez les deux sexes, la respiration devient plus rapide, le rythme cardiaque s’augmente, on sent quelques spasmes. La pointe des pieds se tend. Il peut y avoir des cris ou des gémissements ou même des rires et parfois des sanglots. Pendant une période courte se diffuse dans tout le corps une sensation de bien-être absolu. Chez la femme, l’orgasme peut être multiple. Or chez l’homme il est unique. C’est vrai qu’aujourd’hui des théories tentent de décrire une technique où l’homme contrôlant son éjaculation, pourrait avoir de multiples orgasmes successifs sans pour autant devoir s’arrêter.  

La question qui préoccupe la plupart des gars c’est : comment faire pour amener une femme à atteindre l’orgasme ? Et de plus en plus, les femmes y tiennent, ce qui se révèle comme l’ultime fin de tout rapport sexuel.
Non ! L’orgasme n’est pas la fin ultime d’une relation sexuelle. Par exemple, (et sans trop entrer dans les considérations de la fonction reproductive de la sexualité) la femme n’a pas besoin d’orgasme pour concevoir. L’orgasme reste, certes, la plus forte satisfaction pendant un rapport sexuel. Mais  beaucoup d’autres choses intéressantes se passent entre les partenaires pendant l’acte. C’est toujours un moment intense, pour des conjoints qui s’aiment, de partager l’intimité. 
Généralement, la recherche obsessionnelle de l’orgasme est la meilleure manière pour ne vraiment pas profiter d’intimes moments entre partenaires et surtout pour ne pas atteindre ce point culminant. Et en revanche, le fait de n’en avoir pas eu l’occasion dans ces conditions devient un problème qui affecte la vie du couple. D’ailleurs, il existe des femmes dont l’organisme, physiologiquement parlant, n’est pas nécessairement favorable à l’atteinte de l’orgasme. Et il y a des tests pour savoir cela et prendre les précautions idoines.  

Alors que faire pour atteindre ou amener à atteindre l’orgasme ? 
Ce qui me semble très important, c’est d’être capable de se détendre, de lâcher prise, de se mettre en situation de laisser venir l’orgasme plutôt que de le chercher à tout prix. Vous dîtes bien chez la femme, car chez les hommes, ce n’est pas aussi compliqué que ça.
En effet, pour qu’une femme parvienne à l’apothéose de son excitation, il faut que toutes les composantes du désir, de l’excitation sexuelle soient là. On n’oublie pas que le désir sexuel a, d’une part, une composante biologique, neuroendocrinienne et, d’autre part, une composante psychoaffective venant moduler la composante biologique de manière stimulante ou inhibitrice. Chez la femme, la composante psychoaffective, c’est-à-dire émotionnelle est très importante. 
Il faut qu’elle se sente à un rendez-vous d’échange, surtout pas qu’elle ait l’impression de servir à produire du plaisir à l’autre, qu’elle se sente aimée, estimée…
La parole, les mots peuvent être des aphrodisiaques, des excitants sexuels. Le quart de vin que l’on s’offre ou qu’on dédit à l’amour. Les caresses, les baisers conduisent tout doucement la femme à l’exacerbation de l’excitation. Dans ces conditions romantiques et érotiques, elle secrète suffisamment de la cyprine (un liquide transparent secrété à l’orée du vagin et qui sert de lubrification) pour rendre agréable la pénétration. Mais la plupart des femmes atteignent plus facilement l’orgasme à partir de la stimulation prolongée du clitoris. 

Mais combien de temps il faut de cette stimulation ou de préliminaires ?
Oh plusieurs études en sont parvenues à proposer des durées  moyennes de préliminaires et de stimulation prolongée au bout duquel la femme est susceptible d’atteindre l’orgasme. On insiste sur les préliminaires chez la femme parce que, contrairement à l’homme chez qui une excitation localisée à la zone sexuelle suffit, la femme elle, a besoin d’érotiser son corps pour ressentir l’excitation. Par contre j’évite de donner une durée pour ces préliminaires étant donné qu’ils ne sont pas que les caresses, que les baisers sur les lèvres. Par exemple, pour certaines femmes, le fait de préparer la chambre en soignant les détails : le drap fleuri, la bougie spéciale allumée pour l’occasion dont elle se parfume l’âme, pendant que son esprit boit, dans le calme et l’admiration, des paroles érotiques, romantiques. 
Quant à la durée de stimulation du clitoris ou de pénétration, les avis divergent également : des études de sexologues avancent les unes douze minutes, les autres onze et d’autres encore vingt ou plus, pour que la femme parvienne à l’orgasme.
Revenant à votre question de comment amener la femme à atteindre l’orgasme, j’aimerais ajouter que le clitoris, ici, joue un grand rôle. Il est l’organe dont la stimulation amène le plus vite possible à l’orgasme. Il n’existe d’ailleurs que pour ça. C’est la seule partie du corps humain qui n’a pas d’autres fonctions que de procurer du plaisir. Ça ne sert plus à rien d’autre. Très riche en terminaisons nerveuses : huit mille environ contre six mille pour le bout du pénis. Lorsque des femmes viennent nous voir pour se plaindre de l’anorgasmie, la première chose qu’on demande : « Est-ce qu’il vous arrive d’atteindre l’orgasme par la stimulation du clitoris ? ». Dans le cas échéant, il n’y a pas à se plaindre de quelque anomalie que ce soit.

Et que pensez-vous lorsqu’on parle de deux sortes d’orgasme ? Celui clitoridien et celui vaginal.
De plus en plus cette théorie est en train d’être abandonnée. On parle plus désormais d’un seul orgasme qui s’obtient par la sollicitation directe ou indirecte du clitoris.  Lorsque nous considérons que le clitoris ne se borne pas au petit bouton que l'on devine au sommet des lèvres, mais se prolonge à l'intérieur du vagin, l’orgasme qu’on a l’impression d’être vaginale résulte aussi de la stimulation de la partie interne du clitoris. De façon plus claire, les orgasmes dits « vaginaux » ne sont que le résultat d'une stimulation du clitoris interne.

Et quel rôle joue le point G dans la réponse sexuelle chez la femme ? Qu’en est-il ?
C’est également une question qui suscite beaucoup de polémique au sein des spécialistes. Il serait localisé sur la face antérieure du vagin à une distance de 1 à 4 cm de profondeur. Autrement dit il se situerait sous la vessie, derrière l'os du pubis et derrière l'urètre ; à mi-distance entre l'entrée du vagin et le fond. Dans tous les cas, je vous ai dit, qu’il s’agit d’un sujet à controverse. D’ailleurs ceux qui croient au point G n’ont pas souvent manqué de conclure qu’il est une sensibilité à éveiller : qu’il reste le plus souvent le point G virtuel, c'est à dire non éveillé et donc peu ou pas sensible. Et qu’il s'éveille à force d'être stimulé, et d’être longtemps encore stimulé pour entraîner l’orgasme.

Une chose est certaine et partagé par tous, le clitoris est le chemin le plus accessible, rapide et le plus sûr pour atteindre l’orgasme. Et pour clore, pourquoi ne pas viser des postures qui permettent à la fois la stimulation du fameux point G et du clitoris.


 

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