mercredi, 19 novembre 2014 18:00

BURKINA: APPEL À L’EX-MAJORITÉ : « CHERS CAMARADES LEADERS, SORTEZ DU BOIS ! » Featured

Written by Burkina 24
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Ceci est une tribune Salia Amaria Issoufou qui s’adresse aux leaders de l’ex-majorité politique concernant la situation politique nationale.

Chers camarades leaders, sortez du bois et assumez vos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire !

 

Chers Camarades leaders,

Les événements survenus au cours de ces derniers jours et qui ont conduit à la démission du Président Blaise COMPAORE et votre attitude actuelle nous obligent à interpeller les uns et les autres sur leurs responsabilité et les options que nous pensons appropriées à la situation.

Avant tout propos, nous tenons à souhaiter un prompt rétablissement aux blessés et à présenter nos condoléances les plus attristées aux familles éplorées du fait de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Nous n’oublions pas aussi ceux qui ont été éprouvés par la destruction de leurs biens matériels.

Ceci dit, la situation que nous connaissons aujourd’hui est la résultante de notre appréciation erronée de la détermination et de l’expression du Peuple par rapport aux besoins de changements profonds du leadership politique et du système de gouvernance démocratique et économique au Burkina Faso ces cinq dernières années.

« La chose la plus indiquée, qui nous reste à faire, c’est d’avoir l’audace et la sincérité de reconnaitre que nous avons failli et trouver les voies et les moyens pour nous réconcilier avec le Peuple burkinabè, d’abord, par la vérité, la justice et le pardon »

Nous devons avoir le courage de reconnaitre que nous avons manqué de lucidité et de bon sens politique et patriotique et en assumer les conséquences qui en découlent en toute humilité et toute objectivité.

Certes, cela requiert une introspection honnête et audacieuse, mais, ce n’est cependant pas impossible si nous tenons à sortir de l’eau et à surmonter les difficultés actuelles pour faire face à notre destin politique commun.

Inutile, de chercher à culpabiliser autrui pour notre malheur et à indexer des ‘’ Judas ‘’ et des ‘’ Pierre ‘’, acceptons et assumons le fait que chacun de nous à quel que niveau que se soit, de façon active ou passive à contribué à créer les conditions qui ont favorisé notre déchéance politique et patriotique.

La chose la plus indiquée, qui nous reste à faire, c’est d’avoir l’audace et la sincérité de reconnaitre que nous avons failli et trouver les voies et les moyens pour nous réconcilier avec le Peuple burkinabè, d’abord, par la vérité, la justice et le pardon.

Toute chose qui impose que nous reconnaissions les fautes que nous avons commises et que nous nous engageons sur la voie de la réconciliation et de la refondation de nos valeurs et de nos principes de gouvernances selon les besoins actuels et les aspirations profondes du Peuple.

Et nous devrons montrer notre bonne foi, en commençant au sein de nos partis à redéfinir de façon démocratique, les fondements d’une meilleure organisation prenant en compte les insuffisances de la classe dirigeante précédente pour un véritable renouveau démocratique répondant aux aspiration du peuple, notamment les jeunes et les femmes ; en bannissant à jamais le favoritisme, le clientélisme, la corruption et la patrimonialisation au sein des partis politiques de l’Ex – majorité pour être en phase avec le nouveau vent démocratique qui souffle au Burkina Faso.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons assumer notre responsabilité dans la reconstruction d’une nation burkinabè faite de pardon, de tolérance et de solidarité en tirant les leçons de notre passé et tirant le meilleur des difficultés du moment.

Comme le disent les militaires, c’est le terrain qui commande la manœuvre. Nous suggérons et insistons sur le fait que la jeunesse soit l’actrice et le moteur de ce ré-profilage politique.

« Le plus grand risque pour nous aujourd’hui, c’est de vouloir ramer à contre – courant »

Nous ne gagnerons rien en tentant de faire obstruction par des manœuvres dilatoires et souterraines au processus de transition politique en cours.

Faisons économie de nos forces et de nos ressources et concentrons nous sur la réorganisation interne de nos partis afin d’aborder les échéances électorales à venir. Nous partons désormais à armes égales mais avec beaucoup plus d’handicaps de notre côté, mais le jeu politique reste ouvert.

Le plus grand risque pour nous aujourd’hui, c’est de vouloir ramer à contre – courant. Si nous ne nous décidons pas à aller dans le sens voulu par le Peuple, la probabilité de voir voler en éclats le peu de capital confiance est très élevé.

Avant de terminer, j’aimerais inviter à méditer sur les questions suivantes :

pourquoi après 27 ans de gestion du pouvoir d’Etat nous en sommes arrivés à braquer le Peuple contre nous ?
pourquoi malgré notre majorité au niveau du parlement et des collectivités territoriales nous n’avons pas réussi à obtenir l’adhésion du peuple à nos orientations ?
pourquoi la jeunesse burkinabè dans sa majorité a désapprouvé ces dernières années, notre action à la tête de l’Etat ?
Efforçons nous de trouver des réponses à ces questions et nous nous rendrons compte que nous sommes seuls responsables de nos propres turpitudes.

En fin pour paraphraser, Platon « L’échec n’est pas de tomber, mais de rester là où l’on est tombé » !

D.IEU bénisse le BURKINA FASO !

Vive la démocratie plurielle et inclusive !

Honneur et force au Peuple !

 Source: Burkina 24

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