dimanche, 18 janvier 2015 18:00

« Boni Yayi votera pour moi » dixit Bertin Koovi candidat à la présidentielle de 2016 au Benin Featured

Written by 24 heures au Bénin
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Le mandat du Président Boni Yayi progressivement s’achève, les prétendants à la présidentielle prochaine ont commencé par dévoiler leurs ambitions. « Monsieur Image », très proche du Président équato-guinéen Obiang N’Guéma a annoncé les couleurs.

Il s’agit de Bertin Koovi, qui dans un entretien accordé à votre journal a précisé qu’il travaille sans relâche pour participer à cette joute électorale décisive. Il a saisi l’occasion pour aborder d’autres questions sensibles de l’actualité nationale, notamment, la dernière décision de la Cour constitutionnelle, l’économie béninoise, la liberté de presse et bien sûr la présidentielle de 2016.

Le Grand Matin : Bonjour M. KOOVI. Présentez-vous ?

Je suis Bertin Koovi, psychologue de la communication, consultant en communication politique, je suis né le 08 Novembre 1970, d’un père enseignant et d’une mère ménagère. Grâce aux multiples affectations de mon père, j’ai eu la chance de parcourir le Bénin du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ainsi je connais le Bénin de toutes parts. J’ai appris pour des desseins d’intérêt national, nos langues nationales. Ainsi je parle couramment sept langues nationales à savoir : Bariba, Dendi, Nago, Fon, Goun, Yoruba, Mina. Je parle et écris le Français et l’Anglais, je donne d’ailleurs des conférences universitaires en Anglais à travers le monde. Je suis membre du collège des experts du Forum économique Europe/Asie qui se tient à l’université d’économie de l’Etat d’Ural à Ekaterinbourg en Russie chaque année en Avril.

Bertin KOOVI : Vous êtes chargé de l’image du président OBIANG NGUEMA MBASOGO, quelle est votre mission précise aux côtés de cet homme d’Etat ?

Ma mission est toute simple : il s’agit de faire connaître la valeur intrinsèque du leadership du Président OBIANG NGUEMA MBASOGO au monde, ceci veut dire que ce que je fais n’est pas de la propagande, même si cela peut lui ressembler. La rigueur de mon rôle m’oblige à ne rien dire qui ne puisse être vérifié. Mon rôle est aussi de dire au Président les insuffisances que je relève dans ses actions afin qu’il les corrige. Le Président me reproche souvent de ne pas lui relever assez d’imperfections dans ses actions afin qu’il les corrige, car dit-il, « je ne suis qu’un homme et à ce titre je ne peux pas tout savoir ».
L’aspect qu’on me connaît le plus est la distinction du Président. Ainsi j’ai obtenu que le président OBIANG NGUEMA MBASOGO, soit honoré par différentes universités et institutions à travers l’Afrique et le monde, et ceci sans qu’il l’ait demandé, encore moins payé.

Comment un Béninois a-t-il réussi à se faire cette place aux côtés d’un Chef d’Etat étranger ?

Ah ! La grande question de tous les jours. On me la pose même à la présidence de la Guinée Equatoriale. Je voudrais faire remarquer que le Président OBIANG, n’est pas le premier Président africain que je sers. En effet ma marche dans ce milieu a commencé avec le Président Dénis Sassou Nguesso en 1996. J’avais 26 ans. A l’époque il m’appelait « l’écrivain ».
J’ai eu le bonheur de servir d’autres chefs d’Etats africains. J’en ai rencontré d’autres afin qu’ils me parlent des vicissitudes de la vie de l’homme de pouvoir. L’ancien Président Ibrahim Badamossi Babanguida du Nigeria, m’a entretenu de combien un homme d’Etat est seul et combien s’il prend ses marques il peut être heureux de servir. Selon lui, la grandeur du pouvoir d’Etat est dans le service.
Pour revenir à votre curiosité, c’est moi qui, ayant vu que le Président OBIANG NGUEMA MBASOGO, souffrait de l’incompréhension du monde occidental quant à son leadership, me suis mis à faire son image sur fonds propres sans qu’il n’ait rien demandé. Les résultats de mes actions ont fini par l’alerter et c’est ainsi qu’il a fini par me faire « l’avocat de sa cause » comme il aime à le dire.
Au passage, je voudrais demander aux jeunes d’agir, mais de bien agir. Les autres réagiront à votre action. Voilà, je voulais être chargé de son image, j’ai commencé sans demander ni contrat encore moins payement ni récompense, mes résultats ont fait le reste.
J’ai des Béninois qui me reprochaient de ne pas faire l’image du Président Boni YAYI. Je voudrais profiter de votre canal pour leur dire que mon métier ne se fait pas dans son propre pays, car cela risque de prendre une connotation politique, pire je n’aurais pas le courage de dire au Président de mon propre pays, ses erreurs de leadership.
Ceci étant clarifié, je me souviens de cette audience que le Président Boni YAYI m’avait accordée le 29 juillet 2006, c’est-à-dire trois mois après son arrivée au pouvoir, j’ai eu le courage de lui dire que j’ai été un élément important dans la communication du candidat Adrien Houngbédji, et j’ai ajouté, « je ne viens pas demander un poste, mais vous remettre un projet que j’estime utile pour le Président du Bénin, et Dieu a voulu que ce soit vous ». Il a alors répondu je cite : « c’est la première fois qu’un Béninois me dit qu’il a été avec un candidat autre que moi » et d’ajouter « M. Koovi ne changez pas ». Le ministre Gado Guiriguissou, paix à son âme, a failli mourir dans son siège. A cette occasion j’ai dit au Président Yayi que le type de communication que déployaient ses communicateurs lui sera défavorable dans moins de deux ans. C’est à cette occasion que le forum économique Bénin/ Nigeria a été introduit au Président Yayi par mes soins. Le Ministre Moudjaidou peut en témoigner, mais c’est de l’histoire.

Comment percevez-vous la comparaison entre le Bénin et la Guinée Equatoriale ?

Comparaison n’est pas raison, la Guinée Equatoriale a son histoire, le Bénin a la sienne.
Le Bénin ne peut pas être comparé à la Guinée Equatoriale en ceci que nous ne sommes pas une économie pétrolière. On ne peut pas comparer le système politique du Bénin à celui de la Guinée Equatoriale car les deux pays ont leur histoire, leur sociologie et enfin leur composition ethnique.
La Guinée Equatoriale est un pays où le leadership du Président ajouté au fait qu’il s’y trouve du pétrole a connu un développement que le pétrole n’a pas permis sous d’autres cieux.
Je crois fermement que les systèmes politiques ne sont pas des produits d’exportation en l’état. Mais il y a une chose que j’ai retenue de la Guinée Equatoriale, c’est le dialogue périodique afin que les forces vives décident des priorités économiques. Le Président OBIANG pense que personne n’est assez intelligente encore moins instruite pour savoir ce qui est bon pour tout un peuple. C’est peut-être pourquoi le pétrole a permis la paix et le développement des prémices d’une émergence économique : les infrastructures de base.

De loin, comment analysez-vous la situation sociopolitique actuelle du Bénin ?

Je ne suis pas aussi éloigné qu’il le paraît. Savez-vous que mon domicile jusqu’alors, c’est Cotonou et ma résidence Malabo ? Je suis tous les mois au moins pour 3 jours au Bénin.
Avec l’ORTB je suis au Bénin même en étant à Malabo et puis face-book est devenu le champ politique des Béninois. Pour revenir a votre question, je dirai juste que la situation sociopolitique actuelle du Bénin est la résultante d’un déficit de communication entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui veulent le pouvoir. Parfois j’ai l’impression qu’ils ne se battent plus pour les Béninois, mais pour des chimères. Nous sommes tous responsables de la situation qui prévaut aujourd’hui. La communication à la « coca-cola » a fini de démystifier le pouvoir d’Etat. Conséquence : on traite le Président de tous les noms d’oiseaux. L’autorité aussi dans sa quête de reconnaissance de son autorité à tout prix, a fini de perdre le mythe et la grâce qui entourent cette fonction. Le Bénin est dans la situation d’un couple qui se parle sans s’écouter. Même quand les conjoints défendent la même cause, ils se battront pourtant, jusqu’à ce qu’une autre personne vienne leur faire entendre qu’ils disent la même chose.
L’ensemble des partis politiques est responsable de la situation. Mais rassurez-vous, tout se remettra en ordre. Nous sommes trop imbriqués pour que le Bénin connaisse une violence politique.

Votre appréciation sur la dernière décision de la Cour constitutionnelle qui fixe les dates des élections.

Moi, je suis un peu peiné de voir que la Cour donne des injonctions au Président Boni YAYI. C’est à se demander qui est le magistrat suprême au Bénin. C’est à rendre le Président YAYI responsable du blocage qu’on connaît du système électoral au Bénin.
J’ai eu l’impression que la Cour vide souvent les sujets politiques de leur contenu. Tenez, demandez qu’on aille aux élections avec la LEPI 2011, c’est extraordinaire ça. Mettre les législatives avant les communales, relève d’un calcul qui peut sembler politique. Nous avons donné des prérogatives à la Cour constitutionnelle. Si elle a aussi le droit de faire immersion dans les débats partisans, c’est aux juristes de nous le dire. Mon métier c’est simplement de parler au subconscient. Rien de plus.
Pour être honnête, toute situation paisible qui permet d’aller aux élections, doit être saluée. De ce point de vue, je salue la décision de la Cour constitutionnelle.

En tant que citoyen béninois, avez-vous accès aux plateaux de la télévision et de la radio publiques ? Soutenez-vous la lutte en cours actuellement dans cet office ?

C’est curieux, mais j’ai la vague impression que votre seconde question, m’impose une réponse négative à la première. Enfin je me tords de rire quand vous demandez si j’ai libre accès à l’ORTB ? Dans aucun pays au monde, le citoyen lambda n’a libre accès à la télévision ou à la radio publique. Ceci est encadré par des normes. Même aux USA, c’est ainsi. Le problème est qu’au Bénin cette norme ne semble pas être respectée, depuis un certain temps. Ce qui n’a pas été le cas de la chaine publique seule. Il fut une époque où même chez les privés ce n’était pas possible non plus.
L’appétit glouton de l’argent a fait hélas que le Bénin n’est plus en démocratie mais en ploutocratie et la presse n’a pas échappé à cela. Je n’ai pas connaissance d’une lutte à l’ORTB pour la liberté de la presse. En effet je n’ai jamais entendu dire que les acteurs de l’ORTB soient allés en grève. L’ORTB n’a jamais cessé d’émettre. De vous à moi, comment voulez-vous que l’ORTB soit libre si ce sont les journalistes de la chaine publique qu’on nomme Directeur de communication ou alors Attaché de presse dans les ministères ? Est-ce que le Président a besoin de demander un bâillonnement pour que cela soit ? Je suis logique envers moi-même.
La presse béninoise récolte ce qu’elle a semé. En effet, qu’il vous souvienne qu’en 2006, j’étais à la communication du candidat Adrien Houngbédji. Ce fut la croix et la bannière pour avoir d’espace sur les chaines privées. Seule l’ORTB sous la houlette de la HAAC d’alors, nous avait accordé nos tranches d’une durée de quinze minutes.
Que les journalistes béninois trouvent que la presse n’est pas libre, c’est de leur prérogative, car c’est leur domaine. Mais qui est responsable de ce que la presse vit actuellement ? C’est bien eux les journalistes. Moi je ne peux pas dire si la presse n’est pas libre, car tous les jours un journaliste vient faire son « ONE MAN SHOW » sur le plateau.
Pour ma part dès Avril 2016, les responsables des chaines publiques seront élus par leurs pairs avec possibilité de destitution par les mêmes.
Tant que le pouvoir exécutif nommera les responsables des chaines publiques, il y aura tendance au bâillonnement de la contradiction sur ces chaines publiques.
Ce qui est amusant est que les réseaux sociaux ont vidé de sa substance tout désir de bâillonnement de l’opinion. Mieux vaut le débat contradictoire public que de pousser les gens au défoulement qu’on a en ce moment sur les réseaux sociaux.
Maintenant si c’est la campagne : « je suis SOUNOUVOU » que vous me suggérez, non merci, car SOUNOUVOU vit un drame. Il n’arrive certainement pas à donner le meilleur de lui-même, et il l’a exprimé, ce n’est pas une campagne sur face-book qui changera la situation.

On vous annonce dans le starting-block de la présidentielle de 2016, vous confirmez ?

Tous ceux qui me connaissent, savent depuis 1996, que je suis candidat en 2016. En effet c’est depuis 1994, alors que j’étais encore à l’INE (Institut National d’Economie) que j’ai pris la décision de me former à être un Président qui comprenne le sens du pouvoir, le sens du service et enfin le Béninois dans son essence. A cette fin, j’ai étudié l’islam pour comprendre le Musulman, j’ai étudié la Bible pour comprendre le Chrétien, J’ai étudié les cultes animistes pour comprendre la croyance populaire et traditionnelle. Je peux vous dire que quoique Chrétien ou Musulman, le Béninois dans un réflexe spirituel reste un animiste. Ces valeurs sont enregistrées dans notre subconscient collectif.
C’est pour comprendre comment servir le Bénin au mieux que j’ai fait ce parcours initiatique qui m’a amené à servir déjà sept hommes d’Etats africains.
J’ai appris nos langues nationales pour pouvoir cerner chaque peuple béninois. J’ai des relations dans tout le monde entier, attention pas des relations où les Béninois seront couchés et on leur donnera de l’argent. Non ; mais des relations qui seront utiles au Bénin pour construire son destin.
J’ai mis 20 ans à identifier les voies et moyens pour le développement du Bénin.
Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle de 2016. Ma victoire est celle de la Nouvelle Alliance, c’est la victoire de la jeunesse béninoise, la victoire de la brave femme béninoise et enfin la victoire du cultivateur laborieux, de l’homme travailleur et des anciens du Bénin qui nous ont légué un héritage précieux que nous devons à tout prix préserver.

Que proposez-vous alors de nouveau aux Béninois ?
J’offre au Béninois, une Nouvelle Alliance. Je souhaite construire une économie béninoise, car tout le problème que nous avons est que nous n’avons pas encore su construire une réelle économie de développement.
Le Bénin sera exportateur d’énergie électrique. Nous avons 300 millions de clients à satisfaire et pour cela j’ai déjà le financement. Mais attention, il s’agit d’un partenariat public-privé.
Je souhaite redonner aux paysans le sens de l’honneur, le droit de vendre leurs productions au prix de leur choix.
Je veux faire en sorte que profiter du marché du Nigeria ne soit plus une formule incantatoire mais une réalité.
Je veux une adéquation emploi et formation, car aujourd’hui les Ecoles et Universités forment au chômage. J’ai initié pour corriger le tir, le programme 100.000 bourses OBIANG NGUEMA MBASOGO, justement pour faciliter l’accès à la formation à l’enfant du pauvre. On peut, de droit, critiquer la mise en œuvre du programme, mais j’ai renoncé à des avantages personnels pour les mettre à la disposition de mon pays et de l’Afrique.
Voilà un pan de mon programme. Au moment opportun, mon projet de société sera mis à la disposition du public. Chacun pourra alors se faire son idée.

Quelles sont vos réelles chances de gagner en 2016 ?
Candidat en préparation depuis 20 ans, je gagne ces élections, car la vie et la mort votent pour moi, les hommes votent pour moi, les mânes de nos ancêtres votent pour moi, l’Eternel qui , de la poussière prend le pauvre, du fumier l’indigent pour le faire asseoir à la table des grands et lui donne en partage leur trône de gloire vote pour moi, les forts et les faibles votent pour moi, le Président Boni YAYI votera aussi pour moi.
Je suis l’IROKO de cette liste de candidats. Je ne gagne pas parce que je suis intelligent, je gagne parce que le Bénin a besoin de moi à son service.
Servir est ma vocation, je ne demande qu’à servir mon peuple.

Votre mot de fin.
Je voudrais juste vous remercier de l’insigne honneur que vous me faites en prenant mon interview. Je voudrais aussi inviter notre peuple au calme et à la sérénité.
Rien ne se fait dans la violence, car rien ne vaut plus que la paix.
Je voudrais que chacun se souvienne que nous n’avons qu’un seul pays le Bénin et que personne n’aime le Bénin plus que les autres.
Que la paix seule soit la mesure de toute chose.
Je veux rassurer le peuple béninois que ma candidature et ma présidence sont pour servir, rien de plus.
Ensemble nous allons construire une économie, pas que ceux qui ont été Présidents avant moi aient démérité. Non ! Mais ils n’avaient pas 20 ans d’analyse de notre situation nationale avant de rentrer dans le feu de l’action présidentielle. Je voudrais saluer tous ceux qui ont eu la charge de diriger ce pays. Je mettrai la nouvelle corde au bout de l’ancienne pour ce qui est de notre culture de paix, mais aussi construirai une économie pour notre nouvelle alliance nationale.
Je demande à tous ceux qui aiment ce pays de se joindre à moi, de se joindre à nous, car je ne suis pas seul. Oui je reçois de soutiens du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, mais je vois déjà les fleurs de la nouvelle Alliance germer.
Je vous remercie d’avance pour mon élection.
Que cette nouvelle année nous accorde les désirs les plus légitimes de nos cœurs.

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