Tenez. Un point de presse au Hilton hôtel de Yaoundé autour d'une dizaine de journalistes, constituée outre ceux de la Cameroon radio and television (CRTV), de quatre autres appartenant à des organes de presse privés choisis sur une base complaisante. Elle a eu lieu, selon certaines sources, aux environs de 10 heures.
Aucun communiqué radio ou télé diffusé à l'avance. Même ceux qui se revendiquaient être les grands amis de Eto'o n'ont pas été informés de la tenue de cette rencontre au sommet. Tous pensaient que le goleador, au lendemain de l'expédition mauricienne, avait repris la route de Milan pour rejoindre ses coéquipiers de l'inter de Milan, club dans lequel il évolue depuis bientôt un an et demi. Il a fallu attendre le journal parlé de 17 heures sur les ondes du poste national pour apprendre de Madeleine Soppi Kotto, le patron du desk sport de la CRTV radio, que « Samuel Eto'o et Roger Milla ont fumé le calumet de la paix ce matin». Au départ, certains auditeurs et mêmes des journalistes ont cru que « Mado » s'était trompée sur le nom des personnages. Car avant cette information, elle revenait sur la concertation qui s'est tenue en début de matinée dans le cabinet du ministre des Sports et de l'éducation physique. Le tête-à-tête qui réunissait autour de Michel Zoah, Iya Mohammed et Roger Milla avait pour objet de parachever la paix des braves entamée la veille.
Pour cette deuxième information de taille, il s'agissait bien du Pichichi Samuel Eto'o Fils. Commence alors un branle-bas entre les Hommes de médias qui n'arrêtent pas de joindre au téléphone des confrères, sources et amis. Une seule phrase en guise de salutation : « tu étais à la conférence de presse de Samuel Eto'o ce matin ? ». Et l'interlocuteur surpris de répondre, « quelle conférence ? Tu délires quoi. Si tu es fou il faut te soigner. Eto'o n'est pas au Cameroun ». C'est dans ce méli-mélo que la majorité écrasante des journalistes camerounais ont eu vent de cette réconciliation qui n'a pas fini de faire fabuler. Les deux icônes du football camerounais, nous rapporte une source, ont décidé d'aplanir leurs divergences à travers de « fortes accolades et des sourires devant les caméras ».
Eto'o, mon fils
Par ces gestes forts, croit-on savoir, le Pichichi Eto'o confirme que Milla et lui se sont décidés à se mettre ensemble pour ne servir que le football camerounais et mettre définitivement un terme à cette guerre de génération qui n'avait que trop duré. D'ailleurs, l'attaquant de l'Inter de Milan a soutenu, poursuit la source, que « Roger Milla est le dieu vivant du football ». Touchés par ces mots affectueux, Milla n'aurait pas tari d'éloges à l'endroit de celui qu'il a appelé affectueusement son fils. Eto'o apprend-t-on, s'est ensuite exprimé sur l'expédition périlleuse des Lions en Afrique du Sud lors du Mondial 2010. Le goleador a déclaré avoir adressé un rapport à la FECAFOOT et au ministre des Sports. « Aux responsables d'en tirer les conclusions », a- t-il précisé. Et d'affirmer que le groupe a tourné la page du Mondial et regarde désormais vers l'avenir. De quel rapport s'agit-il ? Il faut être Eto'o pour répondre à cette question. Mascarade ou honnêteté ? Tout ce qu'on sait (du moins en espérant qu'il n y aura pas d'autres rebondissements) c'est que les deux footballeurs ont fait la paix quoiqu'en catimini. Décidemment le vol de la colombe de la paix au dessus des grands noms du football camerounais est loin d'être terminé. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, elle vole et répand la paix partout où les esprits équivoques s'affrontent.
Premier Africain à avoir disputé trois coupes du monde, l'ancien buteur international camerounais Roger Milla avait quelques jours avant le Mondial sud-africain, allumé Samuel Eto'o sur le site du journal français Le Parisien en ces termes : « Samuel Eto'o ? Pour l'instant, il a apporté beaucoup à Barcelone et à l'Inter Milan, mais jamais rien à l'équipe du Cameroun. Il n'a pas encore répondu aux attentes. C'est aussi une question de discipline : il a un peu malmené les autres joueurs, on n'avait jamais vu ça en équipe nationale ! Le Cameroun attend qu'il réagisse ». La réaction de l'attaquant de l'Inter Milan ne s'est pas faite attendre. «Les gens doivent plus me respecter et doivent surtout fermer leur gueule» avait balancé Eto'o sur Yahoo. (le Messeger)
La rencontre entre les deux stars ressemblaient à celle de deux cambrioleurs qui se sont donnés rendez vous dans une baraque pour partager le butin. La preuve, elle s'est voulue strictement sélective quant aux choix des « témoins ».


