mercredi, 22 août 2007 05:38

" Si la case de ton voisin brule ".....Disait un Grand homme..

Written by
Rate this item
(0 votes)
Dans les points de vente des véhicules d’occasion importés d’Europe ou entre les mains de particuliers, l’achat d’une voiture requiert, de toute évidence, une vigilance accrue. A défaut, bonjour les dégâts !

Le 14 mai 2006, Silué K. a acheté un véhicule de marque Nissan Bluebird à 1.000.000 Fcfa. Il avait aperçu le véhicule en circulation au Plateau avec, marqué sur le pare-brise arrière, «A vendre» plus un contact cellulaire. Attiré par l’état visuel impeccable de ce qui lui paraissait être une «très bonne affaire», Silué a appelé le propriétaire. Il s’est laissé convaincre par les commentaires de ce dernier et cela a suffit pour déclencher chez lui l’acte d’achat. Un peu plus d’un an après cet achat, soit le 11 juillet, Silué bradait son «joujou» à la casse d’Abobo à 150.000 Fcfa après avoir tenté en vain de le revendre pour s’en débarrasser.

Des occasions «pourries» !

«J’ai regretté mon acte moins de trois mois après l’achat. La voiture m’a abandonné à plusieurs reprises en pleine circulation. J’étais abonné aux pannes de moteur et des accessoires. Chaque fois- j’étais chez les mécaniciens pour des réparations», se remémore-t-il douloureusement. Aujourd’hui, lorsqu’il fait le bilan, Silué se retrouve à plus de 2,5 millions Fcfa de sortie d’argent occasionnée par sa Bluebird, y compris le prix d’achat. Comme Silué, ils sont nombreux les propriétaires de véhicule qui en sont aujourd’hui à regretter amèrement leur «bonne affaire» pour n’avoir pas pris suffisamment de précautions. Les vendeurs de véhicules de seconde main ne sont pas toujours de bonne foi, poussés qu’ils sont par l’impératif du bénéfice à tout prix. L’engin à vendre est quelques fois pour eux-mêmes une «mauvaise affaire» dont ils cherchent à se débarrasser en douce. Pour ne pas être victime au moment de l’échange et pour s’assurer un meilleur choix avec un bon rapport qualité/prix, il faut sortir des sentiers battus. De nos échanges avec des importateurs et mécaniciens, il ressort que pour tout acheteur, certaines connaissances de base peuvent s’avérer nécessaires. A savoir, par exemple, que les voitures les plus demandées sont aussi les plus chères en occasion. Les modèles 3 portes sont généralement moins cotés que les 5 portes pour la majorité des marques. Les breaks moins que les monospaces, les voitures à coffre moins que celles à hayon. Il faut surtout tenir compte du coût et de la disponibilité des pièces détachées de la marque qu’on vise. Il faut déterminer la cylindrée, l’âge et le risque de vol que court la marque de voiture à acheter. A la «casse» d’Abobo, haut lieu de vente de pièces détachées, l’on peut vous situer sur les marques les plus volées du moment. Pour le choix du type de carburant, déterminez-le à travers l’usage que vous ferez du véhicule et du kilométrage qu’il va potentiellement parcourir par jour. «Pour faire le transport public par exemple, vous aurez tort de prendre un modèle à essence. Il vous ruinera. De même si vous êtes par exemple agent commercial censé faire le tour d’Abidjan chaque jour, vous ferez mieux de prendre le modèle à diesel», confie un mécanicien. Mais, où acheter son véhicule pour être moins exposé aux pièges ? Les spécialistes expliquent qu’à Abidjan, le lieu d’achat n’est en général pas un risque en lui-même mais pour chaque lieu d’achat il y’a des avantages et des risques particuliers. Petites annonces : Elles ont cet avantage qu’elles regroupent souvent des annonces de particuliers et de professionnels. Donc une large palette de bonnes occasions. Mais pour avoir la chance de s’offrir les meilleurs choix, il faut se procurer le journal aux premières heures dès le jour de sa sortie. Dans des garages et chez des spécialistes de l’occasion : Les voitures étant toutes en stationnement il est difficile d’en apprécier la solidité. Certains spécialistes pensent qu’il ne faut jamais acheter une voiture qu’on n’a pas vu rouler. L’avantage avec ces points de vente, c’est que les véhicules sont généralement garantis 6 mois et révisés. L’acheteur doit juste vérifier que la garantie couvre effectivement le moteur, la transmission et s’étendre aux équipements intérieurs et électriques.

Avantages et risques selon le lieu

Les ventes aux enchères : ce principe permet de faire d’excellentes affaires. Mais, il est impossible d’essayer les voitures exposées. Le risque est très grand pour l’acheteur. Acheter avec un particulier comme l’a fait Silué : Il peut parfois présenter un réel intérêt si le vendeur doit se séparer rapidement de son bon véhicule et offre un prix intéressant. Pour autant, les particuliers ont souvent tendance à «sur coter» leur véhicule, surtout lorsqu’il s’agit de petits modèles. Dans tous les cas l’acheteur doit surtout faire attention à l’état du moteur du véhicule. Et pour ne pas se rendre coupable de recèle il faut veiller à ce que les pièces du véhicule soient au complet et associer un huissier à la transaction. «Il ne faut surtout, acheter, en aucun cas, un véhicule si l’on vous demande un paiement en liquide», insistent nos interlocuteurs. Ceux-ci proposent aux clients une liste de vérifications, qui stipule que lors de l’achat, il faut prendre le temps d’inspecter méthodiquement la voiture. Au besoin se faire assister de son mécanicien. Il faut évitez de prendre rendez-vous avec le vendeur lorsqu’il fait nuit ou sombre. Déterminez si le vendeur a pris un soin particulier à l’entretien de son véhicule : tapis de sol, baguettes caoutchouc de protection des portières, absence de fines rayures sur la carrosserie etc. Tous ces éléments sont des indices d’un véhicule mieux entretenu que la moyenne. Ensuite, laissez la voiture en stationnement et vérifiez ces points. Corrosion : Examinez les bas de la caisse, entourages de vitres et replis de tôles. Vérifiez que les angles inférieurs des portières n’ont pas été raclés. Etanchéité : vérifiez que le plancher de l’habitacle et du coffre sont secs. Peinture, carrosserie : Examiner la surface des tôles avec un regard effleurant pour détecter les rayures, les petites "bosses", etc. Tous les accros, bosses, éraflures, y compris sur les pare-chocs donnent droit à une décote.

Regarder s’il y a des traces de reprise de peinture, de la peinture sur les caoutchoucs ou des différences de teintes, même légères, entre les éléments de carrosserie. Ces indices signalent que la voiture a été repeinte. Le cas échéant, demander une explication claire. Si le vendeur vous a caché un accident, méfiance !

Habitacle : l’usure des sièges et des pédaliers doit être compatible avec le kilométrage. Demander à soulever les tapis de sol et à retirer les housses de sièges pour inspection. Moteur : véhicule froid, vérifiez tous les niveaux, en particulier huile, eau. Regardez s’il n’y a pas de fuite d’huile sur les bords de la culasse. Echappement : vérifiez que l’arrière de la voiture, au-dessus du pot d’échappement, n’est pas noirci (fumée produite par le moteur). Secouez l’extrémité de l’échappement pour voir si l’ensemble est rigide. Pneumatiques : vérifiez l’absence de chocs sur les pneus et les jantes. Si la sculpture des pneus est inférieure à 2 mm, ils sont à changer. Appliquez une décote. Compte-rendu de contrôle technique : même si le véhicule a passé avec succès l’épreuve du contrôle technique, lisez attentivement le rapport détaillé du contrôle et faites systématiquement un galop d’essai ! Arrière de la voiture : vérifiez si des traces de salissure exagérées apparaissent du côté de la sortie du pot d’échappement, signalant que le moteur fume de trop. Si tous ces points vous donnent satisfaction, alors engagez-vous.

 

Read 514 times Last modified on mercredi, 09 juillet 2014 15:06

Commentaire