samedi, 30 juin 2007 08:30

Cote d'ivoire : Attentat contre SORO GUILLAUME:Interview Pascal Soro

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Ce vendredi 29 juin il a fallu de peu que le processus de paix soit totalement remis en cause.Meme si cela ne l'est pas il faut dire que cet acte va peser lourdement sur l'ccord de Ouaga et sa mise en oeuvre.Pour en savoir plus  PASCAL SORO journaliste a fratmat a interoge SIDIKI KONATE, porte parole des forces nouvelles et ministre de l'artisanat , qui eteait dans l'avion au moment des bombardements.

Monsieur le ministre, étiez-vous dans l’avion du Premier ministre Guillaume Soro ou alors parmi les gens qui l’attendaient au sol?
J’étais dans l’avion. Nous avons décollé d’Abidjan ce matin (hier) à bord du Fokker 100, aux environs de 9h 40. Le vol a duré environ 40 minutes. Ainsi, à 10 h 20, nous avons atterri (à Bouaké) dans de bonnes conditions. L’avion a parcouru quelques six cents mètres et était en train de rejoindre le tarmac, lorsqu’à un détour, nous avons entendu un bruit lourd sur l’avion. Nous étions dans le premier salon, celui des VIP. Il y avait le Premier ministre, son directeur de cabinet-adjoint chargé de la sortie de crise et moi-même. Dans la deuxième cabine, il y avait quelques conseillers, des membres de sa sécurité et d’autres membres du protocole d’Etat. Dans la troisième cabine, il y avait des journalistes. Je voudrais rappeler que toute cette délégation se rendait à Bouaké dans le cadre de l’installation des magistrats en vue du lancement des opérations des audiences foraines. Tout de suite, nous avons vu de la fumée et des gens déjà blessés venir dans notre cabine. Nous étions en train de nous interroger quand nous avons entendu un deuxième coup violent sur l’avion et des tirs de rafales. Alors, nous nous sommes rendus compte que l’avion était en train d’être attaqué.

Quelle a été la réaction des pilotes?
Ils ont gardé tout leur sang-froid et ont pu conduire l’appareil jusqu’au tarmac où nous attendaient nos responsables militaires qui ont tout de suite sécurisé l’avion. Il est bon de savoir que l’aéroport de Bouaké est spécialement sous le contrôle des forces onusiennes. C’est donc l’ONUCI qui est chargée de sa sécurité, des atterrissages et des décollages qui s’y opèrent. Dans cette partie, il ne pouvait donc avoir vraiment que des soldats de l’ONUCI.

Comment avez-vous regagné la ville? Avec l’aide des Forces armées des Forces nouvelles ou avec celle des forces de l’ONUCI?
Je précise que nos éléments, c’est-à-dire les Focres armées des Forces nouvelles, ne doivent pas être dans l’aéroport tenu par les forces onusiennes. Je dis aussi que sur la piste, il y avait un cargo militaire français de la force Licorne. Il y avait donc quelques soldats français. Quand nos soldats ont constaté qu’il s’agissait d’une attaque de ce genre, ils se sont déployés sur l’aéroport, un, pour nous sécuriser et deux, pour rechercher les auteurs de l’attaque. C’est ainsi que le commandant Wattao et sa sécurité, plus d’autres commandants dont Famoussa, sont venus et ont extrait le Premier ministre et nous-mêmes, pour nous accompagner au secrétariat général des Forces nouvelles.
Après recoupement, il ressort que ce sont des individus qui étaient embusqués à l’aéroport et qui étaient munis de roquettes. Ce sont eux qui ont visé l’avion. Une roquette a visé la queue de l’appreil, une autre a touché la deuxième cabine et c’est cette dernière qui a fait trois morts sur place dont le chef de sécurité du Premier ministre et deux membres de son protocole. Il y a eu plusieurs blessés. Tous les passagers de la première cabine, dont le chef du gouvernement et moi-même, sont sains et saufs, Dieu merci.

Pendant qu’il est 19 h 15 minutes, quel est le bilan de cet attentat?
Le bilan fait état de quatre morts et plusieurs blessés dont certains cas graves qui ont été évacués.

Cet attentat vous a-t-il surpris?
Il nous a énormément surpris. D’autant qu’il s’est passé sur notre aéroport et qu’on n’a jamais eu d’attentat là. Nous en avons été très fort surpris. Il s’est passé en plein jour dans un site censé être sécurisé par les forces onusiennes.

Quelle suite comptez-vous donc donner à cette attaque?
Nous nous sommes déjà investis dans la recherche de la vérité. Nous avons déjà procédé à des arrestations, et nous allons approfondir l’enquête pour toucher les commanditaires. La deuxième étape consistera à continuer à tranquilliser les populations qui ont été très traumatisées par cette attaque. La troisième démarche est de rassurer l’ensemble des Ivoiriens sur notre détermination à faire aboutir le processus de paix de l’Accord de Ouagadougou, malgré cet attentat. D’ailleurs, que les commanditaires, tapis dans l’ombre ou visibles, sachent que personne ne pourra arrêter ce processus conduit par le Premier ministre Guillaume Soro.

Par rapport aux premières arrestations, quelles sont les pistes que vous privilégiez?
Pour le moment, nous ne privilégions aucune piste. Nous constatons seulement que c’était un attentat bien ficelé qui visait à faire exploser l’avion du Premier ministre. Cet attentat a fait des victimes mais n’a pas atteint sa cible et nous allons donc renforcer la surveillance au niveau de notre espace en général et de nos aéroports en particulier.

Pensez-vous avoir été attaqués avec la complicité des soldats de l’ONUCI?
Non, pas du tout. Je dis que je donne des faits pour que les gens comprennent les circonstances de l’attaque. Il appartiendra à l’enquête de déterminer réellement ce qui s’est passé ce jour, pourquoi ça s’est passé et qui sont cachés derrière cet acte.

Le Président de la République vous a-t-il manifesté son soutien?
Ah ! oui. Dès notre attaque, la Présidence de la République a appelé. Nous avons aussi bénéficié de l’appel et du soutien actif des membres du gouvernement et même du général Philippe Mangou (Chef d’état-major des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire) qui ont été très actifs pour nous permettre d’évacuer les blessés. Nous avons eu l’assistance de la force Licorne et des soldats de l’ONUCI. Bref, nous avons eu une solidarité nationale et internationale. Nous ne pouvons vous dire le nombre de chefs d’Etat qui ont appelé ce jour pour nous témoigner de toute leur solidarité. C’est ce qui est important pour nous. Ce que je peux vous dire aussi est que nous n’avons pas arrêté la manifestation pour laquelle nous sommes venus d’Abidjan. Elle s’est bel et bien tenue ce jour, à 16 h. Nous avons effectivement installé les présidents de cours d’appel et les présidents de tribunaux qui vont gérer la question judiciaire aux centre, nord et à l’ouest et gérer les audiences foraines. C’est cela le plus important.

Justement, vous avez quand-même organisé la manifestation. Est-ce pour braver ceux qui vous ont attaqués ou alors pour dire que vous êtes imperturbables sur le chemin de la paix?
Ecoutez, ce n’est pas une attaque généralisée. Ce ne sont pas des soldats qui ont tiré dans la ville de Bouaké ou qui ont créé l’insécurité, pas du tout. Un attentat peut se passer à n’importe quel coin du monde. Ce sont des personnes isolées qui se sont manifestées et qui pensent que c’est la meilleure manière pour elles de régler leurs comptes. Sachez que nous n’avons eu aucune perturbation sur l’ensemble du dispositif des Forces nouvelles. La preuve, la ville a continué d’être sécurisée, les populations ont continué d’être rassurées. Nous sommes venus dans le cadre du processus, nous nous devons de le continuer parce que ce n’est pas un attentat qui va l’arrêter.

Alors, la flamme de la paix qui devrait être allumée le 5 juillet prochain par le Président de la République et le Premier ministre est-elle maintenue?
Toutes les dates sont maintenues. La date du 5 juillet est maintenue. Toutes les décisions qui concourent au processus de paix et dont le calendrier a été établi et qui sont programmées pour se dérouler dans l’une des villes centre, nord et ouest, sont bel et bien maintenues.

Autant dire que vous allez prendre des dispositions particulières pour la sécurité.
Bien entendu. Il faut savoir que nous avons toujours pris des dispositions à Bouaké. Sachez que l’aéroport est isolé, il n’est pas dans la ville de Bouaké. A partir de ce moment, il sera donc question de renforcer le dispositif sécuritaire au niveau de l’aéroport. Mais dans l’ensemble des zones centre, nord et ouest, tout le dispositif sécuritaire est encore fiable et très efficace.

Interview réalisée par téléphone par
Pascal Soro

Read 203 times Last modified on mercredi, 09 juillet 2014 15:06

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