«Les autorités sud-africaines arrêteront le président du Soudan, Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), s'il se rend en Afrique du Sud», a annoncé le ministère des Affaires étrangères le 30 juillet dernier.
«Nous avons certaines obligations internationales. En outre, notre Parlement a voté une loi» qui applique ces obligations, a déclaré le directeur général du ministère, Ayanda Ntsaluba, qui précise cependant que le gouvernement n'approuve pas le mandat d'arrêt de la CPI.
«Je ne peux imaginer le gouvernement agir en dehors du cadre de la loi... Nous ne pouvons revenir sur nos obligations légales internationales», a-t-il ajouté.
Depuis le mois de mars dernier, le président soudanais, Omar El Béchir, est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
L'Afrique avait décidé, le 3 juillet dernier, à l’initiative du président de l’Union africaine (UA) Mouammar Kadhafi de ne pas coopérer avec la CPI pour arréter Bechir, bien que 30 pays africains aient ratifié les statuts de la CPI.
Dans une résolution adoptée à la fin d'un sommet de trois jours, l'Union africaine avait reproché au Conseil de sécurité de l'ONU de ne pas avoir répondu à sa demande de suspendre les poursuites contre El Béchir.
Adversaire déterminé de la CPI, le chef de l'Etat libyen avait accusé en mars la CPI d'être un instrument de l'Occident pour «établir un nouveau terrorisme mondial», ne tenant pas compte de leurs «efforts déployés en vue de faciliter un règlement rapide du conflit au Soudan».
Après ce sommet, le président Béchir s'était rendu dans plusieurs pays africains depuis que la Cour a émis le mandat d'arrêt contre lui, mais il ne s'etait pas encore déplacé dans des Etats de l'UA ayant ratifié les statuts.
Le Botswana, voisin de l'Afrique du Sud, a lui aussi déclaré qu'il ne respecterait pas la décision de l'UA et arrêterait Béchir s'il se rendait sur son territoire.



