vendredi, 13 juillet 2007 12:22

Sanctions de la CAF

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Les non dit d’une décision et les prémisses d’une crise éternelle
C’est indubitable, la décision de la CAF de mettre à l’écart pour une durée de huit ans le président de la FTF pose plus de problèmes qu’elle n’en résoud. Quoi qu’elle puisse faire chavirer de plaisir certains faucons  qui n’ont jamais caché leur aversion pour Tata dont ils dénoncent urbi et orbi la “gestion solitaire”, l’on doit se demander si une fois Tata mis sous l’éteignoir, le feu est circonscrit et va s’étioler. Simple vue de l’esprit que de répondre par l’affirmatif.

Les conséquences de cette nouvelle crise et de la possible confirmation de la sanction contre le président de la FTF, loin de n’affecter que l’ego et la personne de Tata auront des incidences aux allures funestes pour l’ensemble du football togolais et par ricochet sur l’image et la renommée du pays déjà écornée durant la dernière coupe du monde en Allemagne.
 
Désormais dans l’imagination collective de bien d’observateurs le Togo du football rime avec crises et intrigues comme dans la tragedie grecque. Beaucoup finiront par croire que les envolées endiablées fort méritées des Eperviers depuis quelques années ne sont pas la résultante de leurs talents et de leur abnégation, mais  plutôt de pratiques peu recommendables, de coup de pousses des arbitres, étant donné que beaucoup de voix se sont élevées au pays pour réclamer goulûment la potence internationale pour le président de la FTF. Loin de toute propension partisanne, l’on doit avoir le courage de reconnaitre que cette attitude pose réellement un problème et froisse le bon sens. La corruption sur le plan éthique, il est vrai, est imprescriptible et doit être combattue. Soit! A supposer que l’objet et les faits du délit soient avérés, le président de la FTF l’aurait-il fait pour sa propre gouverne, ses propres intérêts ou pour son pays?

Le football dans les abysses

C’est une lapalissade que le football togolais est dans l’impasse aujourd’hui et il y a fort à parier que la guerre de tranchées entre les pro et les anti Tata, n’a fait que commencer, prenant ainsi en otage le public et le football national. Le risque, et Dieu sait qu’il réel et palpable, c’est que poussés par leur ego protubérant, et dégoulinant de vengeance, les partisans de Tata pourraient être amenés à user eux aussi de moyens peu orthodoxes pour saborder le travail de ceux qui seront appelés à  remplacer au pied levé leur champion de Masseda. Au lieu de se focaliser sur des projets de développement du football national, les deux camps ennemis passeront le clair de leur temps à se trucider et à rivaliser d’ardeur et d’ingéniosité dans la mise en oeuvre de plan sordide pour destabiliser l’autre.
Au risque d’être taxé de jeter l’anathème sur le Togo, l’on doit reconnaitre que les coups fourrés de cette espèce et cette méchanceté d’un autre siècle qu’on remarque depuis des années maintenant  dans le landernau footballistique semble malheureusement une particularité et une marque déposée dont raffolent les Togolais.
Tous ces agissements ne sont que le reflet de l’égoisme aveugle des acteurs du football national qui sont pires que les politiciens dans l’instigation de crises au dénouement cornélien.  C’est à croire que l’intérêt national ou l’honneur du pays représente le cadet de leurs préoccupations. A-t-on perdu le nord sur place?

 

 


Harakiri

Par cette nouvelle crise, le Togo du football semble se faire hara-kiri. Ce suicide pourrait le plonger dans une longue traversée du désert, si rien n’est fait avec à-propos pour arrêter la descente aux enfers. Le match ô combien capitalissime contre le Mali est à nos portes et l’on se soucie peu de ramener la sérénité dans et autour du nid des Eperviers dont l’envol risque fort d’être perturbé par ces problèmes de personnes masqués sous la terminologie de “crise de gestion”.
Loin d’une seule personne dont le scalp semble si cher et qu’on cherche à guillotiner à tout prix, c’est la réputation du Togo qui en prend un sérieux coup et dorénavant tout peut arriver sur les terrains de football sans qu’on en soit en mesure de lever le petit doigt, car, les arbitres et autres officiels de match auront un blanc seign pour biaiser leurs jugements sans que des réserves et autres plaintes formulées par le Togo aient un écho favorable; la faute aux turpitudes des Togolais eux-mêmes qui ont préféré laver leurs linges puants sur les Champs Elysées. Il est vrai que le supplicié Avlessi, poussé par son envie de bien faire et rapidement s’est énormément emmêlé les pinceaux, offrant ainsi une aubaine à ses détracteurs qui n’en demandaient pas mieux. La sanction des joueurs à un moment crucial des éliminatoires, des frictions supposées ou avérées avec certains membres du bureau, constituent une erreur d’appréciation et qui a été le déclic de toute cette série de coups bas et de crises sans fin.
Face à toutes ces embûches, le match Togo-Mali ressemble à un test grandeur nature sur la capacité des Togolais à faire bloc autour de l’essentiel, en évitant la dispersion et la guerre des longs coûteaux qui font trop de torts aux aficionados qui malménes par les incertitudes du quotidien et les difficultés de tous ordres pour joindre les deux bouts, se voient une fois encore et ceci à leur corps défendant, embarqués dans ce cul-de-sac.
Devant cette déferlante rouge, les fatalistes pourront vite franchir le pas en se disant que le pays est maudit. Vu qu’à l’approche de chaque grand événement sportif, des grains de sable rentrent toujours dans le système pour l’enrhumer. Les péripéties de la CAN 2006, avec leurs corollaires du Mondial allemand, l’épreuve des nerfs entre Tata et les joueurs frondeurs, les tristes événements de Lungi en Sierra-Leone, les violences de Cotonou, etc…sont autant de faits qui sonnent le crépuscule d’une épopee qu’on voulait pourtant sempiternelle.
Pour l’heure, et en attendant la décision définitive de la CAF après l’appel interjeté par Tata Avlessi, l’horizon du football togolais est plus que touffu, foutu, sans issue certaine. Et pourtant ce football ne mérite pas ce sort qu’on lui impose. Il est impérieux qu’un sursaut patriotique intervienne pour lui éviter une fin apocalyptique annoncée dont les eflluves embaument déjà l’atmosphère, déchirée par des bruits de coups d’ailes d’hiboux au regard vengeur. Les cerbères des deux camps la gueule bavante sont sur le pied de guerre, dopés par l’esprit de vengeance et cherchent frénétiquement des candidats pour leur payer l’obole. Ayons toujours à l’esprit que qui sème le vent, récolte la tempête. Nos oeuvres (bonnes ou mauvaises) nous suivront. En toute chose, privilégions l’intérêt sacré de la nation.

Hans Masro

 

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