jeudi, 03 janvier 2019 13:40

Message de nouvel an 2019 du Président du Front Populaire Ivoirien, Pascal Affi N’Guessan Featured

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Ivoiriennes et ivoiriens,
Militantes et militants,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Je voudrais sacrifier à une tradition établie qui veut qu’à l’orée d’une nouvelle année l’on adresse des vœux aux personnes qui nous sont chères, bien entendu après un regard rétrospectif sur l’année écoulée.


C’est un truisme de dire que l’année 2018 qui s’achève a été particulièrement éprouvante pour les Ivoiriens et le Front Populaire Ivoirien. La situation du pays et par ricochet celle des Ivoiriens ne s’est pas améliorée. On peut même affirmer qu’elle s’est davantage dégradée, comme en témoigne la morosité observée dans tout le pays à l’occasion des fêtes de fin d’année.

En 2018, de nombreux compatriotes ont été victime de la politique antisociale du gouvernement, notamment à travers les déguerpissements sauvages des populations et de la gestion approximative des inondations qui ont endeuillé de nombreuses familles.

En 2018, les difficultés auxquelles les Ivoiriens sont confrontés dans les secteurs de la santé et de l’éducation se sont accrues. Les hôpitaux publics sous équipés et désorganisés sont de véritables mouroirs, sans que les autorités ne s’en émeuvent. De même, l’indiscipline, le désordre et les multiples charges qui pèsent sur les parents d’élèves ont contribué à sinistrer davantage le secteur de l’éducation/formation. Les difficultés d’accès des Ivoiriens à l’eau potable se sont aggravées en 2018, débouchant sur des manifestations de colère des populations qui en sont victimes.

La cherté de la vie qui a été à l’origine des manifestations de rue en 2017 n’a pas trouvé de réponse en 2018 comme espéré. De façon général, les Ivoiriens ont du mal à se trouver un toit décent et à se nourrir convenablement.

Au plan politique, le Chef de l’Etat s’est résolu à libérer les prisonniers de la crise postélectorale dont Mme Simone GBAGBO, par une ordonnance discriminatoire portant amnistie le 6 août 2018. Mais, comme d’habitude, le pouvoir est resté sourd aux nombreux appels à la libération des militaires incarcérés pour les mêmes motifs que ceux qui ont justifié l’emprisonnement des civils.

Plus grave, la tendance dictatoriale du régime de Monsieur Alassane Ouattara s’est confirmée en 2018 à travers la déstabilisation des partis politiques significatifs. Il s'est obstinément refusé de réformer la Commission Electorale Indépendante et le code électorale. Il porte toute la responsabilité des nombreuses fraudes et des actes de violences et des morts enregistrés à l’occasion des dernières élections régionales et municipales.

Au plan économique, la situation de notre pays demeure préoccupante pour tous les ivoiriens, ainsi que nous l’avons relevé en 2017. En effet, malgré les chiffres mirobolants sur les performances économiques, force est de constater que le fossé continue de se creuser entre les pauvres, c’est-à-dire l’immense majorité des Ivoiriens, et les membres de la coalition au pouvoir.

Comme les années précédentes, l’environnement général des affaires a été plombé en 2018 par une fiscalité lourde et la corruption généralisée. Il en résulte que le secteur privé n’arrive pas à contribuer efficacement au développement économique du pays. Les investissements en infrastructures ne suffisent pas à donner à l’économie ivoirienne une base solide, dépendante qu’elle est des produits de rente.

Comme pour aggraver la situation, le régime des nouveaux riches de Côte d’Ivoire s’est engagé dans une politique de protection des riches au détriment de la classe moyenne et des démunis. Cette politique est perceptible notamment à travers la discrimination opérée dans la perception des impôts sur le revenu et le foncier. En effet, l’annexe fiscale à la loi de finances 2019 exonère les grosses fortunes de l’Impôt Général sur le Revenu (IGR) pendant qu’on continue de le prélever sur les travailleurs et les entrepreneurs.

Incapable de moderniser la base de l’économie nationale pour la rendre moins vulnérable aux contingences extérieures, Monsieur Ouattara continue sa politique d’endettement effréné et de privatisation des actifs de l'état. La dette publique de la Côte d’Ivoire a explosé sous le régime en place, passant de 2 200 milliards de francs CFA à l’accession au pouvoir de M. Ouattara à 11 000 milliards de F CFA en 2018. En 2019, M. Ouattara prévoit le désengagement de l’Etat des secteurs stratégiques. 

Chers militants, chères militantes du FPI,

Outre les entraves habituelles à l’exercice de nos prérogatives démocratiques, nous avons enregistré de nombreux cas de décès de militants en 2018 dont des figures emblématiques du Front Populaire Ivoirien à des intervalles rapprochés, au point de mettre à mal notre sérénité habituelle.

Oui, chers compatriotes et chers militants du FPI, c’est avec beaucoup de peine et de douleurs que nous avons enregistré le décès des Vice-présidents ABOUO-N’DORI Raymond, GOSSIO Marcel et SANGARE Aboudrahamane et du Ministre Sery Bally.

En cette fin d’année 2018, je partage la tristesse des familles respectives de nos illustres camarades disparus, à cause du vide qu’ils laissent. Au nom du Front Populaire Ivoirien, je voudrais saisir la présente occasion pour leur rendre à nouveau un vibrant hommage pour leur sens élevé du devoir et leur militantisme exemplaire. Je tiens à remercier toutes les militantes et tous les militants pour leur mobilisation et leur implication dans ces moments de grande douleur.

Chers compatriotes, Chers militants,

Avant ces moments de grande douleur, deux temps forts ont marqué la vie du Front Populaire Ivoirien en 2018. Il s’agit d’une part de la grande mobilisation à l’occasion de la fête de la Liberté et d’autre part de l’organisation du quatrième congrès ordinaire de notre parti. Ces deux évènements ont été l’occasion pour le FPI de confirmer sa capacité de mobilisation et sa résilience dans un environnement politique des plus hostiles.

Conformément à notre option pour la conquête du pouvoir par les urnes, le Front Populaire Ivoirien a pris part aux dernières élections régionales et municipales pour la première fois depuis la fin de la crise post électorale de 2010. Au-delà des résultats obtenus, cette participation nous a permis de renforcer le positionnement du parti sur l’échiquier national, en obtenant des Maires, des adjoints au maire, un Président de Conseil régional, des Vice-présidents et des centaines de conseillers régionaux et municipaux.

C’est le lieu pour moi d’adresser mes sincères et vives félicitations à tous nos camarades qui se sont engagés dans cette compétition pour le compte du parti dans un environnement électoral hostile.

Camarades militants,

Notre combat est noble car il vise à renforcer les bases du développement harmonieux de notre pays. Dans ce combat, nous avons perdu des soldats valeureux tombés au champ d’honneur. Pour les Ivoiriens et pour la mémoire de nos camarades qui ont été arrachés à notre affection, nous avons le devoir de poursuivre les chantiers que nous avons ouverts en vue de la modernisation du parti. Je voudrais particulièrement vous engager à redoubler d’effort et d’ardeur pour parachever l’opération Nzrama dans le courant du premier semestre 2019.

Outre ces opérations techniques mais d’une portée politique et stratégique évidente, nous devrions poursuivre en 2019 nos efforts en faveur de l’unité du parti.

De même, sous ma conduite le Front Populaire Ivoirien confirme sa bonne disposition à œuvrer à la mise en place d’une plateforme regroupant les personnes et entités nationales ayant en partage l’idéal de paix et de réconciliation nationale pour donner une chance à notre pays de sortir de la spirale de violences et de destruction de la cohésion nationale.

Chers compatriotes,

Comme vous le voyez et le vivez au quotidien, notre pays va mal. Je dirais même que sa situation empire au fil des années par la faute de ce régime qui s’est imposé à la Côte d’Ivoire, non pas pour servir l’Etat, mais pour se servir et mettre à mal la cohésion nationale.

À travers son message à la nation le Chef de l’Etat reconnaît lui-même que l’Etat va mal. Les promesses démagogiques aux allures de campagne électorale à moins de 2 ans de la fin de son mandat en sont la parfaite illustration.

Mon vœu le plus ardent pour 2019 est que nos concitoyens prennent conscience de la lourde hypothèque qui pèse sur notre pays et des responsabilités qui leur incombe dans sa marche vers la paix, la démocratie et le progrès.

Que 2019 soit pour chacune et chacun de nous, une année d’engagement en faveur de la Côte d’Ivoire, une année de réconciliation, de paix et de prospérité.

Je vous remercie.

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