dimanche, 24 juillet 2011 19:11

REVUE DE PRESSE 254:DU VENDREDI 22 JUILLET 2011

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Ce vendredi 22 juillet  2011, l’actualité est marquée par les rebondissements dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé avec la mise aux arrêts du Gal Assani Tidjani, la condamnation d’Eugène Adoboli à 5 ans, Hope Agboli et Saibou Samarou à 8 ans de réclusion criminelle pour détournement de deniers publics.
Pour en parler nous avons parcouru pour vous Forum de la semaine n°987, Liberté n° 1014, Tingo Tingo n° 607, Le Canard Indépendant n° 346, Le Correcteur n°270, et L’Union pour la patrie n°414

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Affaire Kpatcha : le Gal Tidjani mis aux arrêts

L’affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne finit pas de faire des vagues. Depuis l’incarcération de Kpatcha Gnassingbé et co-accusés, des officiers et  non des moindres ont été  entendus hier à l’Etat-major des FAT. Parmi eux, le  Général Assani Tidjani, ancien ministre de la Défense, mis aux arrêts tandis que le Général Walla et le Colonel Rock Gnassingbé libres de leurs mouvements. Les journaux en font leurs choux gras.
« Alors que tout le monde pensait que cette affaire tend vers un dénouement heureux avec la libération récente d’une dizaine de personnes citées dans ce dossier, pense Forum de la semaine, ce dernier développement vient confirmer et démontrer la complexité de ce dossier qui continue par envenimer l’atmosphère politique déjà délétère dans notre pays. » Pour le même quotidien privé, « le nom du bouillant Général de l’ère Eyadèma reconnu très proche de Kpatcha Gnassingbé, serait revenu de façon répétée au cours des interrogations des détenus dans cette affaire. »  « Selon les informations, écrit Liberté, après les avoir écoutés, un mandat de dépôt –acte juridique qui ordonne aux services de polices ou de gendarmerie, de conduire une personne condamnée ou mise en examen à la Maison d’arrêt du ressort du tribunal de grande instance- est décerné contre le général surnommé ‘Adidas’… Quant à l’ancien président de la FTF, le colonel Rock Gnassingbé, il est rentré librement chez lui.» « On ignore pour l’instant, avance Forum de la semaine, ce qui est précisément reproché à cet officier supérieur des FAT que l’on a vu la semaine dernière à Abidjan, lors d’une cérémonie de promotion de certains officiers des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). » « Alors qu’on pensait que cette affaire tendait vers un bon dénouement, écrit Tingo Tingo, ce nouvel élément remet en cause les espoirs de ceux qui pensaient que Kpatcha allait être bientôt libéré. Mais alors à quand la fin de cette ténébreuse histoire… ? »

Cour d’assise de Lomé : Adoboli, Agboli et Samarou condamnés

Ils sont accusés par la Cour d’Assise de Lomé pour détournement de deniers publics hier jeudi 21 juillet 2011 au cours d’un jugement par contumace. L’ancien premier Ministre Eugène Koffi Adoboli écope de 5 ans de réclusion criminelle, son ministre de l’Urbanisme à l’époque, Hope Agboli et son secrétaire d’Etat chargé de la promotion du secteur privé, Issa Saïbou Samarou écopent chacun de 6 ans de prison. L’information fait la une de plusieurs parutions de ce jour.  Il faut rappeler qu’un mandat d’arrêt international est émis depuis le mois de janvier dernier contre les trois personnes condamnées.
 « Outre ces privations de liberté prononcées contre ces anciennes personnalités, note Forum de la semaine, Eugène Koffi Adoboli et ses deux complices sont sommés de rembourser à l’Etat la somme de 800 millions de F CFA qu’ils auraient détournée dans le budget de la construction de la Cité OUA et en plus de cela de verser 500 millions de F Cfa en guise de dommages et intérêts. Ils devront par la même occasion perdre leur immeuble ‘illégalement acquis’. » « En somme, note Liberté,  Eugène Koffi Adoboli, Saibou Issa Samarou et Hope Agboli devront verser à l’Etat la bagatelle de 1 milliard 300 millions F Cfa. » « On espère, dit Liberté, qu’ils ne sont pas juste des agneaux sacrificiels pour flouer l’opinion internationale.»  « Quel objectif veut-on atteindre en jugeant M. Adoboli par contumace au lieu de se donner les moyens de l’avoir devant le juge ?  En l’absence du principal accusé, à quoi va servir le procès ? Comment saura-t-on que les charges portées contre lui sont justes ou inexactes ?», s’interroge Le Correcteur. Pour le confrère, « ouvrir un procès pour détournements des deniers publics, c’est bien, mais il serait mieux si tous les autres qui peuvent être classés dans sa catégorie subissent le même sort. » « Faure Gnassingbé désormais décidé à sévir contre les pilleurs de la république ? », se demande Liberté qui cite quelques affaires avérées ou non de malversation :  l’affaire des 10 milliards de F Cfa du ’Projet santé BIDC’ dans laquelle Dr Songnè Badjona est mis en cause, l’affaire de 40 milliards de F Cfa qui éclabousse  Sam Bikassam, Directeur général de Togo Télécom, l’affaire des dizaines de  milliards de F Cfa engloutis dans le Fonds d’entretien Routier (FER) qui éclabousse Ferdinand Tchamsi, les dossiers de mal gouvernance à l’OTP, SOTOCO, BTD, etc.   Après avoir rapporté le déroulement du procès, Le Canard Indépendant publie une  réaction à chaud, celle d’Eugène Adoboli : « cette condamnation est une triste décision qui ne fait pas honneur au Togo. Elle le discrédite grandement sur le plan international. Au-delà de la colère, je suis déçu par mon pays et ses dirigeants. Je suis déçu qu’après l’avoir servi en toute droiture, ses dirigeants me remercient du revers de la main. » L’opinion internationale doit être également prise à témoin dans la gestion de l’affaire Bertin Agba. La justice togolaise a fait venir le richissime émirati Abass Youssef pour témoigner contre M. Agba accusé d’escroquerie internationale. Beaucoup d’observateurs pensent que cette affaire pourrait éclabousser le ministre Bodjona. « Pascal Bodjona contraint de venir témoigner devant la justice », avance Le Canard Indépendant qui rapporte que « des informations avaient circulé selon lesquelles, le principal accusé dans cette affaire avec le français Loïk Le Floch-Prigent (ex-DG de ELF), avait été torturé par les agents de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), pour accabler le ministre Bodjona, dans ce dossier. » « Affaire d’escroquerie de 25 milliards de F Cfa : Abass Youssef arrivé à Lomé promet l’enfer à Bertin Agba, Pascal Bodjona… », lit-on à la une de Le Correcteur. « Dans cette affaire, fait observer le bihebdomadaire, Bertin et Jean-Pierre Gbikpi-Bénissan ont déjà été entendus par la justice. Il n’y a que Pascal Bodjona qui n’a pas été présenté au juge en charge du dossier à cause de l’immunité dont il jouit par sa casquette de ministre en fonction jusque-là. »
Voilà pour l’essentiel et bonne réception, car ainsi va la presse togolaise qui vous invite à   méditer  ce proverbe brésilien : «Là où le sang a coulé, l'arbre de l'oubli ne peut grandir.»
Lomé, le 22  juillet 2011
Amévi DABLA

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