Dans la course, le président du MEET Abou séibou a été arrêté par la gendarmerie. Très engagé et déterminé, c’est lui qui était devant ses camarades hier donnant des directives et consignes. Son arrestation risque de fragiliser le mouvement ou de le radicaliser.
Dans la voiture de la gendarmerie immatriculée : GN- 0044, il demande à être libéré, le commandant Assih lui rétorque : « ferme ta sale gueule si tu t’agites encore tu verras… ». L’étudiant lui répond : « je n’ai pas peur de mourir, si vous me libérez et que nos revendications ne sont pas satisfaites, je reviendrai ».
Il serait arrêté pour « participation à une manifestation illégale » et serait détenu au service de renseignement et d’investigation (SRI), selon un officier de la gendarmerie sous le couvert de l’anonymat.
Sur le campus, les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre se poursuivent. Aux tirs des gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, les étudiants répliquent par des jets de projectiles (cailloux) et ont érigé des barricades pour empêcher la circulation des engins de la gendarmerie.
« Nous appelons nos parents à se joindre à nous, lance un étudiant. Vous ne nous avez pas envoyé à l’école pour gratter la terre », se plaint-il. Pendant ce temps d’autres étudiants tentent de bloquer la circulation au niveau d’Attikoumé, la police intervient également et les dispersent violemment.
Sur le campus, ils s’organisent pour combler le vide laissé par l’arrestation du président. Maintenant en plus de leur revendication de départ, ils exigent la démission du président de l’université de Lomé, le professeur Ahadji Nono. « Nous ne pouvons pas comprendre que quelqu’un de ce type qui appelle les forces de l’ordre à venir sur le campus tirer sur les étudiants puisse siéger au sein de la CVJR (ndlr : La Commission vérité justice et réconciliation). Par conséquent nous demandons au président de cette institution à prendre ses responsabilités », déclare un autre étudiant au MO5-Togo.
Un groupe d’étudiants décident de se rendre au siège de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) pour l’interpeller en faveur de la libération de leur président. En attendant, ils se donnent encore rendez-vous demain sur le campus. Le projet de descendre sur la présidence n’est pas pour autant abandonné.
Ce qu’il faut remarquer est que depuis deux jours le mouvement devient général, on y voit des étudiants et des étudiantes tous aussi déterminés les uns que les unes exigeant la satisfaction de leurs doléances. A cela s’ajoute la libération immédiate et sans condition de leur président. Il serait risqué pour nos autorités de croire qu’on peut manipuler certains individus, comme elles le font ces derniers temps sur la chaîne nationale, pour qu’il y ait reprise effective des cours ; la solution serait des discussions franches et sincères avec les contestataires.
Ils projetaient aller à la Présidence de la République. Ils n’ont pas franchi l’enceinte universitaire avant que le président du Mouvement pour l’émancipation de l’étudiant togolais (MEET) Abou Séibou ne soit arrêté. Comme hier, les étudiants de l’Université de Lomé ont été accueillis ce matin par une pluie de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc sur le campus universitaire. La marche qui était prévue n’avait pas encore démarré quand les forces de l’ordre ont commencé par poursuivre les étudiants et à les charger.



