Puisque le pouvoir au Togo, depuis l’accession de Gnassingbé Eyadéma le 14 avril 1967 est une affaire de famille. Même la virgule d’Abbas Bonfoh (25 février 2005 -4 mai 2005) comme président intérimaire imposé par le Rassemblement du Peuple togolais (Rpt) ex-parti unique, n’a pu empêcher le retour cette fois-ci de Faure Gnassingbé à travers les urnes (élections à controverse) après avoir succédé dans un premier temps à feu son père (5 février 2005-25 février 2005).
Du coup, les Gnassingbé ont régné. Et suffisamment au Togo. Il faut constater qu’aucune opposition, même celle conduite par Gilchrist Olympio, n’a réussi à ébranler le pouvoir d’Etat géré par les Gnassingbé et fortement soutenu par les hauts gradés de l’armée dont la grande partie est proche de la famille présidentielle (liens familiaux, liens ethniques…). De plus dans le conglomérat familial et présidentiel à Lomé, figurent d’autres enfants non moins importants du système comme Toyi Gnassingbé, frère de Kpatcha, conseiller à la présidence, Rock Gnassingbé commandant du sous groupement des blindés qui signe son retour à la tête de la Fédération togolaise de Football. Méyi Gnassingbé serait quant à lui, chargé de mission à la présidence. Le supposé «conspirateur», Kpatcha était pour sa part ancien directeur général de la Société d’Administration de la Zone franche, ancien ministre de la défense (2005-2007) et député de Kara (Nord Togo). Sans oublier les filles d’Eyadéma et leur frère aîné Ernest Gnassingbé très affaibli.
Qu’est-ce que les Gnassingbé n’ont pas au Togo? Que veulent-ils encore ? La situation actuelle permet de se poser ces genres de questions d’autant que les frères rivalisent de moyens notamment le passage en force pour s’arracher le pouvoir. Cela n’étonne guère dans la mesure où, l’on ne doit en aucun cas perdre de vue les conditions de succession du patriarche Gnassingbé Eyadéma. Surtout, lorsqu’on se rend compte qu’il a légué l’héritage à une famille pléthorique, avec à la clé des enfants aussi ambitieux les uns que les autres qui lorgnaient son fauteuil présidentiel de son vivant.
Les clivages sont une réalité dans la famille présidentielle. Leur raffermissement, eu égard aux intérêts en jeu, peut être fatal au peuple togolais dont le quotidien n’est guère reluisant. L’heure est grave et l’on craint l’effet boomerang pour les frères Gnassingbé en faction. Le mur semble bien lézardé… Une manière pour le Togo de tourner la page ?
Armand F. Vidégla



