Comme en 1993, de nombreux Togolais qui se sentent menacés dans leur pays, pourraient choisir de passer la frontière. Fidèle Nanga explique que la haute hiérarchie militaire prend les choses très au sérieux, pour éviter les risques d'instabilité. Bien que le Bénin soit présent avec son armée en Côte d'Ivoire et en RD-Congo, les effectifs seront suffisants pour renforcer les frontières. Sous la plume de Fidèle Nanga, du Matinal, il vient alors cette formule qui illustre les inquiétudes actuelles : « quand le génie sort de la bouteille, il est difficile de l'y remettre
Des cris d'alarme
Au chapitre des réactions : il y a celle de Koffi Yamgnane, ancien ministre et président de Sursaut, une organisation togolaise qui pousse une sorte de cri d'alarme en faveur des Togolais qui subissent cette nouvelle crise. « Ils sont pris en otage par le clan Gnassingbé », écrit l'ancien ministre. « Le Togo est dans une situation singulière : est-ce pour détourner l'attention du bilan calamiteux auquel le pays doit faire face. Il faut aller aux élections normalement », ajoute Koffi Yamgnane.
En ligne, sur le net également un Togolais de Washington, Kodjo Epou estime que « le pays est arrivé à un point de non-retour ». Trop c'est trop, a-t-il intitulé son article publié par Togo City et il explique que la catastrophe togolaise est « vieille de plus de quarante ans ». « Le pays est un bateau complètement ivre, sans boussole, sans gouvernail, sans capitaine, sans feuille de route et sans destination », écrit-il. Description sans concession de ce qu'il appelle « la décrépitude de son pays ». Et il s'insurge sur la situation qui fait que « dans ce pays, existe un Monsieur frère du président, qui détient chez lui tout un arsenal de guerre ». Et il s'insurge aussi contre les députés qui ne jouent pas leur rôle. Aux yeux de monsieur Epou, « ils devraient claquer la porte d'une Assemblée qui se contente de cautionner un exécutif infréquentable ». Les événements actuels, ajoute cet internaute, ressemblent « à du cinéma : un film de vampires qui garantit des cauchemars aux Togolais. Rien d'autre ».
La diaspora togolaise est très à l'écoute et réagit à sa façon. Installé à Lille, en France, Frédéric Atsou Galley voit, lui aussi, le retour des vampires. Il insiste sur l'orgueil national qui est souvent offensé à l'étranger, en entendant des propos ravageurs sur son pays. Il pose aussi une question concrète : « y-a-t-il une communication prévue par le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé? A-t-il l'intention de s'adresser à l'ensemble des Togolais? » Il n’y a pas de réponse pour l'instant.
Ce matin dans la presse togolaise, on parle essentiellement de la gendarmerie qui a présenté des armes et du matériel militaire saisi au domicile du demi-frère du chef de l'Etat, Kpatcha Gnassingbé, arrêté dans le cadre d'une enquête sur une tentative de coup d'Etat. Ici Lomé qui est un portail d'information sur internet donne quelques détails : parmi ce matériel, il y a 2 jeeps équipées de système de transmission, des fusils de chasse, des armes de guerre, et des paires de jumelles. Ici Lomé précise que le nombre de militaires interpellés au total n'est toujours pas connu avec précision, le procureur de la République, Robert Bakaï s'étant contenté d'annoncer que l'enquête se poursuit.



