Saidou DIALLO -  FMLiberte Conakry, Freetown, Monrovia

Saidou DIALLO - FMLiberte Conakry, Freetown, Monrovia

Lors de la présentation de son nouvel album dénommé « la haine de l’autre », Abraham sonti Koundou waka, n’a pas emprunté les quatre chemins pour expliquer le titre de son 5ème Album qu’il va bientôt déverser sur le marché du disque Guinéen.

Pour cet artiste de la musique populaire guinéenne, on se hait sans raison en Guinée. On peut détester quelqu’un en guinée à cause de ce qu’il est.

 « Aujourd’hui, la haine est devenue pour les guinéens une culture. Je suis dans tous les milieux, j’ai observé les gens, quand tu regardes dans le milieu artistique, politique, et footballistique. Je sens qu’en Guinée personne n’aime son prochain. On peut te détester même si tu n’a rien fait, dès que tu as quelque chose dans ce pays, t’a une renommée, t’as l’argent ou tu es intellectuel, on est contre ta personne » a déploré l’artiste

« C’est en Guinée seulement  que je vois que personne ne veut accompagner son prochain  dans ce qu’il fait. C’est pourquoi, je sens la haine en nous .Personne ne veut voir son prochain progresser, évoluer dans le bon sens » martèle Koundou Waka

 « Regardez le Sénégal, les gens de là-bas vendent leurs artistes sur le plan national et international, mais pourquoi pas chez nous en Guinée ? C’est parce que les guinéens ne s’aiment pas entre eux. Mais ils font semblant de s’aimer, chacun a la haine de  l’autre. »

La vice rectrice chargée de la recherche à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC), Docteur Mariama Beavogui  a accordée une interview à notre rédaction, au cours de laquelle elle nous a expliqué ce qu’il faut pour une bonne recherche scientifique dans son institution.

Lisez !

Fmliberte.com : depuis votre installation, quel constat avez-vous fait dans ce service?

Mariama Beavogui : La première des choses que j’ai eu à faire dès mon installation, j’ai cherché à rencontrer tous les services relevant du vice rectorat de la recherche, pour connaitre les attributions de chaque service, et voir le niveau d’avancement des activités de chaque service.

-Quelles sont les difficultés rencontrées après votre arrivée ?

Les difficultés sont nombreuses en terme du personnel, de moyen de travail, de logistique ; Chaque service à ses problèmes. Mais le gros problème de la recherche, c’est le manque de financement de la recherche de notre structure, le besoin en formation des formateurs, le besoin en formation dans l’élaboration des projets, la recherche du financement pour le peu de projets qui sont là. Il faut remettre tous les services du même niveau, les dotés des matériels pour travailler, le personnel qu’il faut pour travailler.

-Quelles sont vos projets en court et en long terme ?

En court terme, c’est de rétablir les gens dans leur milieu de travaille, les doter de matériels qu’il faut pour pouvoir mieux travailler. Par exemple, la bibliothèque qui a plus de six (6) mille ouvrages numériques, mais qui ne dispose pas assez d’ordinateurs pour permettre aux étudiants d’exploiter ces ouvrages comme il faut. L’école doctorat mis en place depuis, mais il n’ y a pas eu le  lancement des écoles doctorats alors que les formations continues à se faire. Donc il faut un local pour pouvoir travailler. Toujours pour le moyen terme, c’est comment appuyer la formation des formateurs, appuyer les chercheurs dans l’élaboration des projets.

 A long terme c’est d’établir un partenariat avec des gens qui peuvent financer les recherches au sein de notre institution, aller jusqu'à la mise en place d’un fond de recherche. Une telle institution ne peut se développer sans la recherche et la recherche ne peut se faire sans un financement.

- Quelle message avez-vous à lancer à l’endroit du gouvernement pour améliorer votre service ?

Il faut que chacun fasse de la recherche son problème, il faut donner les moyens pour permettre aux enseignants chercheurs d’évoluer, il faut leur permettre la mise en œuvre de leurs projets. Je sais que le gouvernement ne peut pas tout faire, donc les partenaires sont sollicités aussi.

-Si vous étiez ministre de l’enseignement supérieur quel sera votre plan pour améliorer l’enseignement guinéen ?

Nous avons le meilleur plan actuellement. Par exemple fermer l’orientation à la faculté de médecine pour quelques années, nous on enseigne à la faculté de la médecine  avec  des places de 500 à 600 places d’étudiants. La réduction des effectifs pour une meilleure formation c’est déjà  une bonne chose. La qualification des enseignants, ‘’n’importe qui ne doit pas enseigner’’. Il faut avoir le bagage intellectuel pour enseigner. Remettre l’enseignement au niveau international, les enseignants au même pied d’égalité que les autres enseignants. Donc voila déjà des jalons posés qui doivent être accompagnés et soutenus et surtout de ne pas revenir en arrière, parce qu’en Guinée tu vas faire jusqu'à un niveau et un autre vient dire tout ce que tu as fait n’est pas bon. Donc si nous accompagnons cet actuel ministre dans ses projets,  je pense qu’on peut améliorer l’enseignement supérieur. Il faut des enseignants de qualités, il faut être exigent dans cet enseignement pour sortir les meilleurs étudiants dans cette université.

-Votre mot de la fin

Mon mot de la fin c’est de donner étant là où je suis, un autre visage à la recherche, avant que je quitte ce service, je veux laisser quelque chose de positive à la recherche. C’est pourquoi, j’ai besoin des oreilles qui m’écoutent et qui m’accompagnent.

Saidou Diallo

Pourquoi l’adoption du nouveau Code Civil par les députés coince-t-il à l’Assemblée Nationale ? Cette importante Loi est bloquée depuis deux ans au Parlement à cause de la polygamie, un sujet sensible qui cristallise les débats au sein de la société guinéenne. C’est le ministre de la Justice initiateur de ladite Loi qui vient de faire la révélation.

« Le code civil est bloqué à l’Assemblée Nationale depuis deux ans. J’essaie de sensibiliser les députés de différents bords politiques pour leur dire qu’il n’y a pas que la polygamie dans cette Loi. C’est ce qui bloque un peu », a renseigné Cheikh Sacko.

En Guinée, la polygamie est très ancrée dans la société. Le phénomène touche même les Hauts commis de l’État.

 « Vous savez que dans notre pays, beaucoup de députés et des ministres sont polygames. Ce qui fait qu’on est arc-bouté sur ce point là alors qu’il y a d’autres points importants », a observé le garde des sceaux. Parmi les points importants qu’il a cité, il y a par exemple le Droit des femmes, le principe d’égalité, l’autorité parentale conjoint, le choix du nom de l’enfant, la succession. Cheick Sako promet de convaincre les députés pour que cette Loi soit votée à la prochaine session des Lois.

 « On va essayer de convaincre respectueusement les députés pour leur dire que c’est important, que la population guinéenne serait contente que cette Loi soit votée », a promis le ministre de la Justice.

Dossier à suivre…

 

A l’occasion de l’inauguration du siège de la nouvelle chancellerie du ministère de la Justice, mercredi 27 décembre, le president Alpha Condé s’en est pris aux juges et aux magistrats qui, sous l’effet de la corruption, rendent de «jugements scandaleux» au cours de procès.

Le chef de l’Etat fidel à ses mots, qu’il a  «hérité d’un pays, pas d’un Etat». Pour lui, l’Etat suppose qu’il y ait une administration, un service d’ordre et une justice performants. «La justice est fondamentale dans un pays tant pour les citoyens que pour les investisseurs», note-t-il, déplorant la situation dans laquelle se trouvait ce secteur  avant son arrivée au pouvoir.

«Depuis 2011, nous sommes donc attelés à la transformation de la justice 

Guinéenne qui a abouti à la création du Conseil suprême de la magistrature. Il y a eu beaucoup de progrès, mais il reste encore beaucoup à faire. Car, la lutte contre la corruption doit continuer», laisse-t-il entendre.

Parmi les insuffisances de la justice guinéenne, la corruption est, selon Alpha Condé,  au premier plan:  «Beaucoup de juges ont un comportement qui n’est pas digne du serment qu’ils ont prêté. On parle beaucoup de l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir politique, mais il faut aussi à l’égard du pouvoir de l’argent. Beaucoup des magistrats rendent de jugements scandaleux. Nous venons de l’intérieur, partout les gens se plaignent de jugements rendus parce que de l’argent a été payé».

Pour redonner une image sérieuse à la justice, le chef de l’Etat pense 

qu’il faut que les magistrats «extirpent de leur sein les brebis galeuses afin qu’ils ne déteignent pas sur l’ensemble de la magistrature». Pour cela, il invite le Conseil suprême de la magistrature à «être moins gentil» envers les magistrats qui violerait la loi.